Alors comme je l'avais promis, je vais répondre aux reviews du dernier chapitre :D ! Bien entendu, je vous remercie infiniment d'avoir joué le jeu en me laissant un commentaire, vraiment, je suis comblée !

Breaker : Je ne sais pas si dans La rancune d'un serpent un tel lemon aurait sa place, car la relation entre Drago et Hermione est certes assez passionnelle, mais ils sont tous les deux plus jeunes (18 ans) et surtout moins perturbés ^^'

Bulma : Il est vrai que vers la fin, mes chapitres étaient plus longs héhé ! Moi aussi ça me fait un peu bizarre de savoir que c'est déjà la fin de cette histoire, mais comme dit plus tôt, je ne tenais vraiment pas à la faire trainer en longueur !

Nanapanda : Je reste sans voix te concernant... Vraiment, un grand merci du fond du coeur pour me laisser tant de reviews, j'espère que tu continueras avec La rancune d'un serpent :)

I-Love-All-Fanfictions : Haha, je pense qu'une adaptation de mon histoire ne pourrait pas sortir au cinéma, car le film serait interdit au moins de 18 ans ^^'

Drou : Je tenais vraiment à garder un genre de tension permanente dans cette fiction, contente que tu aies aimé !

Love the Original Family : Oui, j'ai conscience qu'un lemon trop détaillé puisse choquer, mais je ne me voyais pas faire plus court ;)

Ewi : Pour savoir si la fin sera heureuse ou triste, je t'invite à découvrir ce dernier chapitre héhé

Berenice : Merci beaucoup ! J'avoue avoir beaucoup de sympathie pour ce couple complètement paumé au final haha

MissZazu : C'est vrai que j'avais peur que ce soit redondant comme tu le dis, surtout que ce n'était pas spécialement facile pour moi d'en écrire autant mais au final, que ce soit Drago ou Hermione, tous deux attendaient ce moment donc je me devais d'en faire beaucoup !

Hellt : J'ai un peu galéré à l'écrire haha Mais quand j'ai lu le résultat, j'étais assez contente de moi quand même, je ne pensais pas que j'y arriverai ^^'

Swangranger : C'est vrai que je n'ai pas souhaité aborder le thème du "futur à deux ou non" car je trouvais que le moment ne s'y prêtait pas dans ce chapitre, ce dernier étant axé sur l'aboutissement de leurs sentiments passionnels ! Merci d'être si fidèle à mes histoires en tout cas =)

Margotton : Tu as parfaitement bien résumé le chapitre, c'est en effet un aboutissement !

Joie69 : J'adore la folie chez les personnages de mes histoires haha

MlleFinnigan : J'espère que malgré tes nausées tu as quand même apprécié la lecture de ce lemon haha :D

Fermentine : Concernant l'épilogue, tu auras ta réponse à la fin du chapitre ;)

Mery-Alice Gilbert : Tension que j'ai vraiment aimé décrire tout au long des chapitres et qui atteint son paroxysme dans ce chapitre avec ce long lemon héhé

kikibenz29 : Il n'est jamais trop tard pour laisser une review, et si en plus tu en laisses une pour le dernier chapitre qui vient, là je serai vraiment aux anges :p

Je remercie aussi bien entendu toutes les autres revieweuses qui ont laissé des petits commentaires aux autres chapitre ! C'est grâce à vous si j'ai autant aimé écrire cette fiction, une véritable source de motivation :D

Et donc... Je vous présente le TOUT DERNIER CHAPITRE !

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Plusieurs jours passèrent ainsi, les deux amants n'ayant plus conscience du temps qui défilait, trop heureux de découvrir ensemble les plaisirs cachés de la chair, qu'ils n'avaient jamais réellement connu. Leur journée consistait à se lever, faire l'amour, se laver, faire l'amour, manger, lire, jouer aux échecs et faire l'amour encore une fois. Jamais ils ne se lassaient, pas une seule fois la jeune femme ne se refusait à lui, aussi affamée que son homme.

Mais Hermione n'oubliait pas, Hermione réfléchissait, Hermione devait prendre une décision. Cet intermède dans sa vie était délicieux, non, était fantastique, mais elle se devait d'y mettre un terme. Cependant le courage lui manquait cruellement.

- Tu n'en as pas assez de tout le temps porter du noir ? demanda Hermione, tranquillement assise en tailleur sur le lit, un livre dans une main et une tasse de thé fumant dans l'autre.

- Il n'y a que cette couleur qui sied réellement à mon teint, répliqua Drago, le sourire en coin.

Il devait être 13 heures, le temps était gris, il pleuvait. Ils avaient trainé au lit toute la matinée, comme souvent, discutant et s'accouplant au gré de leurs envies. Mais cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'elle l'observait en train de s'habiller, et cette vision la faisait doucement sourire. C'était amusant de le voir choisir avec autant de minutie chacun de ses vêtements alors qu'aux yeux de la Gryffondor, ils étaient presque tous identiques.

- Tu n'as pas idée à quel point je me torturais l'esprit pour savoir quoi choisir chaque matin quand je devais t'habiller !

- Je m'en doutais et ça me divertissait grandement, rétorqua le grand homme en lui décochant un rapide clin d'œil.

- Tu es le plus grand sadique que la terre ait portée ! s'insurgea la lionne en lui lança le livre au visage, qu'il évita prestement.

Le sourire aux lèvres, le Serpentard ramassa lentement l'ouvrage et le posa sur la table de chevet avant de s'assoir sur lit à ses côtés.

- Sais-tu pourquoi je tenais absolument à ce que tu m'aides à me préparer chaque matin ?

- Parce que tu aimes me voir souffrir ? ricana la jeune femme en posant sa tasse à côté du livre qu'elle consultait plus tôt.

Un rire sonore s'échappa des lèvres de l'homme blond quand il bondit sur elle, agrippa ses poignets et la plaqua au lit.

- Il y avait de ça, avoua-t-il en taquinant du bout de la langue le petit nez retroussé de sa femme. Mais ce que je voulais surtout, c'était sentir tes petites mains glisser le long de mon corps. Tu n'imagines pas à quel point ça pouvait m'exciter !

- Je te déteste ! dit-elle en sans pour autant s'empêcher de rire à son tour.

- Oh ça je le sais petite lionne, murmura-t-il contre son oreille. Comment me faire pardonner cet affront ?

D'un geste brusque, elle le repoussa et s'éloigna de lui sans pour autant quitter le lit ou se départir de son sourire.

- Je crois avoir une petite idée en tête, gloussa-t-elle en laissant courir son regard sur le corps de son amant.

- Dis-moi tout petite Gryffondor, je suis à tes ordres, chuchota-t-il le regard enflammé.

Hermione s'extirpa alors du lit et attrapa la main du Serpentard pour le conduire dans la salle de bain, délaissant cette fois-ci la baignoire pour lui faire prendre place dos à la douche, en face d'elle. La femme brune recula de quelques pas, les bras croisés et la tête haute.

- Déshabille-toi, tonna-t-elle d'une voix forte, le visage dur.

- Tu plaisantes ?

- Déshabille-toi.

- Donc tu es sérieuse…, commença le serpent.

- Je ne le répèterai plus. Drago Malefoy, déshabille-toi, le coupa-t-elle froidement.

D'accord. Très bien. Bordel. Ça, il ne l'avait pas vu venir. Elle le punissait de la même manière que la fois où il l'avait humilié de la pire des façons possible, en l'obligeant à se montrer totalement nue devant lui. Il aurait dû être agacé voire même énervé de l'entendre lui parler sur un tel ton condescendant, mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire. C'était inattendu, nouveau et horriblement grisant. Cette foutue lionne ne cessait de le surprendre ce qui l'emplissait de joie.

- Très bien, après tout je suis à tes ordres ma belle, susurra-t-il en souriant sournoisement.

Sans la lâcher du regard, Drago déboutonna lentement sa chemise, frissonnant devant le regard à la fois glacé et brulant que posait la jeune femme sur lui. Il ne se lasserait jamais d'insuffler tant de désir chez elle, jamais il ne s'était senti si vivant. La chemise à présent totalement ouverte, il la fit délicatement glisser le long de ses bras avant de la jeter nonchalamment au sol.

- Je dois t'avouer autre chose, dit-il de sa voix rauque tout ouvrant sa braguette. Tu crois peut-être que cette fois-là dans la salle de bain était la première fois où je te voyais nue, mais pas du tout.

- Ah non ? questionna Hermione en haussant un sourcil, le corps en feu.

- Oh que non, sourit-il en laissant tomber son pantalon. Le miroir que tu vois au-dessus du lavabo est enchanté et à ma demande, je peux voir ce que tu fais dans ta petite chambre froide.

Malgré elle, tout son corps s'embrasa à cette annonce. Alors comme ça il l'avait épié pendait Dieu sait combien de temps, l'enfermant encore plus dans cette prison qu'il avait essayé de créer pour elle. Elle aurait dû se révolter devant un tel aveu, lui hurler dessus ou au moins être vexée, mais rien ne vint. Au contraire, l'envie irrépressible de se jeter sur lui pour l'embrasser à pleine bouche lui nouait l'estomac. Quel foutu connard !

- Et qu'as-tu vu ? s'enquit-elle doucement.

- J'y ai vu ma magnifique esclave, complètement nue et transie de froid, se laver gracieusement dans cette petite bassine, répondit-il gravement, le regard assombri par le désir.

- Je n'ai jamais été ton esclave, Drago.

- Peut-être mais à ce moment-là j'en avais absolument rien à foutre, Hermione. Tout ce que je voulais c'était plonger dans ce reflet et te faire l'amour comme un fou. Tu n'imagines même pas à quel point te voir ainsi, nue et trempée, sans que je ne puisse te toucher, a failli me faire perdre la raison.

- Pourtant tu t'es bien retenu de me toucher quand tu m'as forcé à entrer dans cette baignoire à quelques centimètres de toi, riposta la lionne, le cœur étrangement affolé.

- Si tu n'avais pas décidé de tout arrêter en reposant ce foutu savon, je t'aurais rejoint dans l'eau sans hésiter, admit-il sans sourciller. Et je préfère ne pas te dire ce que j'ai fait après t'avoir vu ainsi… Tes chastes oreilles risqueraient de s'en émouvoir un peu trop, se moqua le Serpentard ce qui fit rire la Gryffondor à son tour.

- Trêve de bavardages ! grinça la lionne. Ton caleçon maintenant.

Qu'elle reprenne exactement les mêmes termes que lui-même avait employés à l'époque l'amusa mais c'est sans un mot qu'il se libéra de son dernier vêtement. A pas lents, il vit la jeune femme s'approcher de lui et poser délicatement sa main sur son torse, qu'elle fit glisser doucement sur son ventre pour revenir vers ses pectoraux. La sensation de cette caresse le poussa à fermer les yeux, les lèvres pincées et la mâchoire serrée. C'était divin. Lui qui depuis tout petit avait toujours craint de se montrer nu de peur de dévoiler ses faiblesses à autrui, éprouvait aujourd'hui un plaisir incommensurable à sentir le regard de cette petite femme posé sur lui, détaillant et observant avec attention chaque partie de son corps. La main de la jeune femme glissa sous son ventre tout évitant soigneusement de frôler son membre durci d'excitation. Si elle souhaitait le torturer, c'était gagné. Une fois encore, il avait faim d'elle. La petite main sadique agrippa avec plus de force ses fesses avant de caresser sensuellement son dos, puis ses épaules et enfin son visage. Alors que ces petits doigts graciles taquinaient sa cicatrice, Drago rouvrit les yeux et croisa le regard incandescent que portait la Gryffondor sur lui.

- Maintenant Drago, dit-elle du bout des lèvres, va dans la douche et lave-toi.

Sans un mot, Drago obéit, alluma le pommeau de douche, attrapa le premier savon qui trainait et laissa courir sa main savonneuse sur son corps tout en continuant de la fixer.

Hermione sentit alors son ventre faire un délicieux looping, sa gorge se serrer et son cœur s'accélérer. Elle qui pensait avoir tout vu de son amant était une nouvelle fois bluffée. L'eau dégoulinait de son corps musclé, la cicatrice qui barrait son visage semblait obscurcir encore plus le regard à la fois menaçant et envoutant qu'il dardait sur elle. Il était à la fois effrayant mais aussi horriblement attirant, existant, saisissant.

- Entre tes cuisses aussi…, s'entendit-elle dire d'une voix enrouée.

Ce satané Serpentard reprenait l'ascendant. Elle tremblait comme une feuille alors que lui la toisait de toute sa hauteur, son maudit sourire mesquin et sensuel peint sur les lèvres. Grand, viril, puissant.

- A tes ordres ma belle…, murmura-t-il en attrapant fermement son sexe dressé, l'enduisant de savon.

Elle allait craquer, merde, elle allait se ruer dans cette douche avec lui s'il continuait ainsi.

- C'est bon, arrête, dit-elle fermement. Tu peux sortir de là !

- Et si je préfère rester ? railla la grand homme blond en laissant tomber le savon au sol afin de glisser sa dure virilité dans sa forte poigne.

Malgré elle, Hermione ne put détourner son regard de cet homme se donnant du plaisir devant elle, sans aucune honte et surtout sans la lâcher du regard.

- Hermione…

- Hum… Qu… quoi ? bredouilla-t-elle, incapable de prononcer le moindre mot.

- Rejoins-moi…

Et c'est dans un gémissement sourd et sans même se dévêtir que la jeune femme s'élança sous l'eau, nouant ses bras autour de son cou et l'embrassant à pleine bouche. Sa robe à présent collée à sa peau, elle sentit le Serpentard la soulever et la plaquer contre la paroi de la douche tandis qu'elle nouait ses jambes autour de lui sans interrompre leur baiser torride. Merlin qu'elle le détestait et qu'elle le désirait. Pourquoi était-il le seul qui parvenait à lui faire perdre la tête ainsi ?

- Oh Hermione… Tu me rends fou…

C'était plutôt elle qui devenait folle et par sa faute. Elle se devait de prendre une décision, et rapidement. Plus elle passerait de temps avec lui, moins elle aurait le courage de s'en aller. Les baisers, les gémissements, les va et vient, les caresses, les morsures, les suppliques, les cris… Encore une fois elle avait perdu la tête dans les bras puissants de son amant et encore une fois elle se retrouvait allongée dans ce lit, observant cette imposante masse blonde allongée à ses côtés. Dans quelques minutes il allait se réveiller de sa léthargie post-coïtal. Encore une fois il allait l'observer avec tendresse et passion alors qu'elle, encore une fois, allait fondre sous son regard.


- Que fais-tu au juste ?

- Je prends l'air, répondit calmement Hermione.

Emmitouflée dans un de ses grands manteaux, tranquillement allongée sur l'herbe du jardin, les yeux fermés, Drago la contemplait un doux sourire aux lèvres. En se réveillant ce matin, il ne l'avait trouvé ni dans son lit, ni dans la salle de bain, ni dans la cuisine, ce qui l'avait plongé dans une grande angoisse. Il avait beau être tout le temps à ses côtés, lui faire l'amour sans arrêt et l'observer de tout son soul, il ne pouvait s'empêcher de considérer ces instants comme éphémères. La jeune femme représentait à ses yeux un beau rêve qui allait tout ou tard prendre fin, il se réveillerait et elle ne serait plus là. A la seule idée de la perdre, une vague de terreur se propageait dans tout son corps, moment d'agoisse qu'il se devait de contenir pour qu'elle ne s'en rende pas compte.

- Il fait froid Hermione, tu devrais rentrer, conseilla-t-il en restant debout, la fixant de toute sa hauteur.

- Quand je me suis levée ce matin, je t'en ai voulu, fit-elle simplement.

- A quel sujet ?

- Concernant tout ce que tu m'as fait subir par le passé, avoua la Gryffondor en s'essayant sur la pelouse, le regard perdu au loin.

- Hermione…

- Je sais que c'est injuste ! Tu t'es excusé, une bonne centaine de fois en seulement quelques jours et la plupart du temps je ne t'en veux plus. Mais des fois, comme maintenant, je sens une bouffée de colère et de honte m'envahir que je n'arrive pas réprimer, grogna-t-elle en s'étirant lentement.

- Honte de quoi ? s'enquit-il, l'estomac noué.

- En ouvrant les yeux ce matin, je t'ai regardé dormir et ça m'a comme réchauffé le cœur vois-tu. C'est ça le souci, quand je te vois, tout mon corps semble s'embraser et je m'en veux pour ça. Drago… Tu m'as tellement fait souffrir et pourtant je me donne à toi, complètement et irrémédiablement. Mais le pire, c'est que j'aime ça. J'aime discuter avec toi, je fonds littéralement devant tous tes gestes de tendresse à mon égard et par Merlin, j'adore plus que tout faire l'amour avec toi. D'ailleurs, ça aussi c'est un problème…

- En quoi c'est un problème d'apprécier nos ébats sexuels ?

- Apprécier ? Tu plaisantes ? Quand on fait l'amour Drago, j'ai l'impression de me consumer littéralement, comme si tu me possédais complètement et que je ne pouvais pas lutter, explique-t-elle la voix grave. Je te l'ai déjà dit mais quand je suis dans tes bras, je deviens folle, il n'y a plus une once de bon sens en moi, je perds la raison… Et sur le moment j'adore ce sentiment mais quelques fois, plus tard, je culpabilise.

- Tu culpabilises de te sentir bien avec moi ? questionna-t-il.

- C'est ça, confirma la lionne. Je ne suis pas censée ressentir cette envie d'être tout le temps près de toi, je devrais plutôt te mépriser.

Drago prit place à ses côtés et enserra sa taille de ses bras puissants, la laissant reposer sa tête sur son torse. Il ne la comprenait que trop bien. Pendant des années lui aussi l'avait détesté car c'était son devoir en tant que « sans pur », pourtant malgré sa lutte pour ne pas craquer, il avait succombé à cette attraction maladive. A présent c'était au tour de la jeune femme de devoir faire face à tous ces sentiments paradoxaux et même si ça lui serrait le cœur, il ne devait pas influencer ses choix futurs.

- Hermione, lui chuchota-t-il à l'oreille, encore une fois, je ne te demande pas de me pardonner ou d'oublier. Je souhaite juste te savoir heureuse. Alors si un jour tu te réveilles et que tu me détestes, ce n'est pas grave, je garderai le silence en espérant que tu me reviennes. Et si le lendemain tu viens à moi en souriant, je te prendrai dans mes bras en remerciant le ciel.

- Je croyais que la patience n'était pas ton fort, se moqua-t-elle gentiment.

- C'est un fait. Mais sache petite lionne, que moi aussi j'ai l'impression de me perdre en toi quand on fait l'amour. Et qu'en plus de te donner mon corps, je t'offre aussi mon âme, aussi sombre soit-elle. Alors oui Hermione, je suis prêt à me montrer patient tant que je te garde dans ma vie, murmura le grand blond en raffermissant son étreinte.

Touchée par ces paroles, la femme brune posa délicatement ses lèvres sur celles de son amant, le cœur un peu plus léger à présent. Mais tout n'était pas réglé, elle savait pertinemment que ce sentiment de honte ne disparaitrait pas tout de suite. Mais peu lui importait, après cette conversation, elle était certaine de ne pas être prête à se séparer de lui et ce malgré cette foutue marque des ténèbres tatouée sur sa belle peau blanche. Pourtant, cette saleté de marque lui renvoyait sans cesse dans la tronche l'était précaire de leur situation à tous les deux. Alors oui, elle était sure de ne pas vouloir le quitter, mais maintenant, elle avait enfin pris sa décision.


Assise sur les genoux de son amant, tous deux dans la salle à manger, il la nourrissait comme à son habitude, une de ses petites lubies qu'elle lui accordait avec plaisir. Mais aujourd'hui le cœur n'y était pas, c'était maintenant qu'elle devait lui parler et elle savait pertinemment que l'homme blond n'allait pas être d'accord.

- Drago…

- J'adore quand tu m'appelles comme ça, je ne m'en lasse pas, la coupa-t-il en lui caressant la joue.

- Hum… Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi et…

- Te voir réfléchir n'augure jamais rien de bon !

- Arrête de me couper la parole ! houspilla-t-elle en levant les yeux aux ciel ce qui le fit rire.

- Très bien petite lionne, dis-moi tout.

Prenant son courage à deux mains, elle balança d'une traite sa tirade.

- Maintenant que je sais qu'Harry est toujours en vie, je me dois de le rejoindre pour lui prêter main forte. La guerre n'est pas terminée, loin de là, et je dois tout faire pour que Voldemort et ses sbires disparaissent une bonne fois pour toute ! Alors s'il te plait, trouve-moi une baguette pour que je puisse me défendre. Sans magie, je ne peux rien faire. S'il te plait !

Pas de réaction. Drago la fixait le visage fermé, la mâchoire serrée. Il la fit se relever d'un mouvement brusque et s'en alla dans le couloir sans un mot.

- Saku ! Viens ici !

La petite elfe de maison apparut dans la seconde ce qui surprit Hermione. Cela faisait des jours qu'elle ne l'avait pas vu, elle en avait même oublié son existence, bien trop envoûtée par son amant et ses prouesses sexuelles.

- Le Maitre a besoin de Saku ? s'enquit-elle vivement.

- Apporte-moi ce que tu sais, aboya-t-il fermement.

- A vos ordres Maitre, dit-elle en s'inclinant avant de disparaitre.

La Gryffondor s'approcha du grand homme, perplexe et perdue.

- Que se passe-t-il ?

- Tu vas vite comprendre.

Sans un bruit, la petite créature réapparut et tendit vers la lionne une magnifique baguette, presque identique à celle qu'elle avait toujours eue, avant de disparaitre à nouveau.

- Comment cela se peut-il ? marmonna-t-elle en levant ses yeux vers le Serpentard.

- Lors d'une de mes missions je suis tombé sur cette baguette et au départ j'ai réellement cru que c'était la tienne tant elle lui ressemblait, dit-il placidement, le regard voilé, terne, froid. Je ne sais pas pourquoi mais sur un coup de tête je l'ai acheté et l'ai confié à Saku. Je suis bien conscient que j'aurais dû te la donner quand je t'ai libéré mais je n'en ai pas eu le courage à l'époque, espérant sans doute qu'un jour tu me reviennes, continua-t-il sur le même ton indifférent. Je pense que tu es assez débrouillarde et futée pour…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'Hermione se jeta sur lui pour le bousculer avec force.

- Mais tu es folle ! s'insurgea Drago, surpris devant la réaction virulente de sa compagne.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Hein ? continua-t-elle en le poussant férocement une fois encore.

- Mais qu'est-ce qui t'arrive ?

- Après m'avoir conté fleurette, tu me dégages aussi facilement, c'est ça ? s'écria la jeune femme en essayant à nouveau de le repousser quand il lui attrapa les poignets.

- Tu es sérieuse ? Tu m'en veux de te donner cette baguette ?

- Je t'en veux d'être si résigné ! Tu me l'offres comme si c'était un cadeau d'adieu et tu oses…

- Je fais tout ça pour toi ! explosa à son tour le Serpentard en la plaquant violement contre le mur sans lâcher ses mains. Que crois-tu ? Que je suis heureux à l'idée te laisser partir ? Tu n'as aucune idée de ce que je ressens Hermione, pas la moindre foutue petite idée !

Comme envahie par une rage incontrôlable, Hermione tenta de toutes ses forces de se dégager de la puissante étreinte de son amant, sans succès, ce qui décupla sa colère. Sans réfléchir, elle battit des pieds dans le but de le frapper sans réussir à atteindre sa cible. Cet enfoiré l'abandonnait, il lui priait tout bonnement de s'en aller et en plus de ça il s'attendait à ce qu'elle le remercie. Il pouvait bien aller crever lui et sa baguette !

- Je te déteste ! hurla la lionne, les larmes aux yeux. Tout ce que tu voulais c'était me sauter et maintenant que c'est fait, tu en profites pour me virer !

A l'écoute de cette tirade, elle vit le visage du grand homme se transformer en un masque de colère, les yeux exorbités et la mâchoire serrée.

- Tu te fous de moi ? Qui est-ce qui veut s'enfuir rejoindre Potter ? Moi peut-être ? vociféra-t-il en agrippant ses épaules et en la secouant brutalement.

- Qu'attendais-tu de moi ? Que je croupisse dans cette prison avec toi ?

- Tu m'as promis de ne jamais me quitter et tu te vexes quand je t'offre ta liberté ! Tu es complètement folle !

Folle de rage, oui, elle l'était, c'était certain. Hermione s'extirpa de la poigne du jeune homme et le gifla de toutes ses forces.

- Je pensais que tu essaierais au moins de me retenir, mais j'ai eu tort ! Je le savais pourtant, que je ne pouvais pas faire confiance aux belles paroles d'un Serpentard, railla méchamment la femme brune en lui jetant la baguette au visage.

- Tu n'es qu'une femme arrogante ! J'ai blessé ton petit orgueil en ne te suppliant pas à genoux de rester !

Décidée à ne plus lui adresser la parole, la Gryffondor lui tourna le dos et s'éloigna de quelques pas quand elle sentit qu'on l'empoignait douloureusement le bras.

- Où crois-tu aller ? Je décide quand tu peux t'en aller ! s'exclama Drago en lui mettant de force la baguette dans la main.

- Pour la énième fois, je ne suis plus ton esclave Drago Malefoy, tu n'as plus d'ordres à me donner !

- Tu n'es plus mon esclave mais tu es à moi, alors tu m'obéis, compris ?

- Va te faire foutre ! tonna-t-elle d'une voix forte et jetant à nouveau la baguette au sol. Quant à ta saleté de baguette, je n'en veux pas ! Finalement, je préfère me débrouiller toute seule plutôt que de me sentir redevable d'un sale Mangemort dans ton genre !

Au fond d'elle, elle sut qu'elle était allée trop loin, que ses mots avaient été trop virulents, qu'il ne méritait pas sa hargne. Dans son cœur, elle savait qu'il avait souhaité bien faire en lui offrant cette baguette en guise d'adieu, mais merde, comment pouvait-il se séparer d'elle aussi facilement ? Elle ne se sentait pas vexée, non, elle se sentait trahie. Pour la première fois depuis tellement longtemps, elle avait eu l'impression de ne plus être seule, de pouvoir affronter la vie aux côtés de quelqu'un, aussi tordu soit-il. Mais non, lui aussi l'abandonnait. Même si dans un coin reculé de son cerveau, une petite voix lui disait que c'était elle qui avait souhaité s'en aller, que c'était elle qui avait tout fait pour obtenir cette baguette, que c'était elle qui l'abandonnait… Mais elle ne parvenait pas à se résonner. Alors elle tapait là où ça faisait mal, et l'expression blessée qu'affichait son homme ne la calma pas pour autant.

- Un Mangemort tel que moi ? répéta lentement le Serpentard.

- Tout à fait ! Quelle idée j'ai eu de faire confiance à un être damné comme toi, se moqua-t-elle rageusement en lui tournant le dos.

Une violente douleur explosa dans son crâne quand elle se sentit tomber par terre. Ce fou de Serpentard l'avait attrapé par les cheveux pour la renverser au sol et grimper sur elle, le regard noir.

- Tu t'es pourtant donnée au damné que je suis…, grinça-t-il en la fixant droit dans les yeux.

- C'est parce que je ne suis plus moi-même, tu m'as perverti espèce de malade ! rétorqua-t-elle essayant de se relever quand il la saisit par le cou pour la maintenir par terre.

Hermione aurait pu avoir peur, elle aurait pu trembler face au visage déformé par la haine de l'homme blond, mais ce ne fut pas le cas. Elle juste était ravagée par la rage, elle aurait voulu lui sauter au visage et lacérer sa belle peau blanche telle une lionne en furie.

- Alors quoi ? Hein Drago ? Tu vas m'étrangler maintenant ? glapit-elle en sentant la main puissante de son amant serrer davantage son cou.

Le grand homme blond semblait comme en transe, le regard braqué sur elle, une veine battant rageusement à sa tempe.

- Tu n'es qu'une menteuse…, chuchota-t-il comme s'il se parlait à lui-même.

- Une quoi ?

- Une menteuse et une traitresse…, continua-t-il sur le même ton.

- Qu'est-ce…

- Tu n'es qu'une putain de menteuse ! Tu m'as juré d'être à moi, seulement à moi et que tu ne me quitterais jamais ! Menteuse ! Tu n'es qu'une sale traitresse ! Tu n'es venu à moi que pour me torturer davantage ! éclata le Serpentard.

Sentant qu'il desserrait sans le vouloir son étreinte, Hermione en profita pour se relever et le repousser violement tout en le rouant de coups quand il l'attrapa à nouveau par les cheveux pour la bloquer une fois de plus au sol. Mais telle une lionne enragée qui tenterait de s'extraire de sa cage, elle enfonça ses ongles dans le visage de son homme, lui mordant le bras au passage et donnant des coups de genoux dans son ventre. Envahi par la même frénésie destructrice que sa compagne, Drago réussissait à éviter certains de ses coups tout en répondant avec la même agressivité qu'elle. Alors qu'elle lui tirait férocement les cheveux, Drago lui agrippa la cuisse d'une main et plaqua brutalement son autre main sur son ventre, l'empêchant ainsi de poursuivre ses violents assauts.

Comme possédée, la jeune femme brune chercha par tous les moyens à se dégager à nouveau, arquant le dos, déchirant la chemise de son homme, griffant son torse. Elle pouvait sentir les doigts de son amant lui labourer violemment la peau, lui provoquant certainement des bleus et autres ecchymoses. Mais elle s'en fichait de souffrir tant qu'elle pouvait lui faire mal elle aussi.

- Tu me détruis Hermione, regarde ce que tu fais de moi, haleta-t-il en pétrissant sa chair, le regard à la fois noir et avide.

- Ordure… Saleté de Mangemort…, grogna-t-elle, à présent partagée entre la colère et l'excitation.

Son expression avait changé, elle y lisait toujours la même fureur mais pas seulement. Elle pouvait voir les yeux de l'homme assis sur elle fixer sa poitrine, qui montait et descendait frénétiquement au rythme saccadé de sa respiration. Sa robe était froissée et relevée jusqu'à ses cuisses. Quant au Serpentard, ses cheveux étaient en bataille, sa chemise ouverte et déchirée et plusieurs marques de griffures parsemaient sa peau. Ils étaient tous les deux dans un état pitoyable mais aucun ne voulait déclarer forfait. Tous deux étaient à présent dans un état second, submergés par la violence de leurs sentiments, de leurs émotions.

- Tu ne sais pas dans quel état tu peux me mettre, tu ne sais pas à quel point ça peut être dangereux pour toi de me pousser à bout comme tu le fais, susurra-t-il en pétrissant ses cuisses tout en la clouant au sol.

- Et que vas-tu me faire au juste ? Oh j'oubliais que tu débordes toujours d'imagination lorsqu'il est question de me faire du mal, ironisa la lionne, le corps en feu.

- Je ne sais pas pourquoi… Merde… Je ne sais pas pourquoi je ne peux pas m'empêcher de te faire souffrir, d'être violent quand je suis à tes côtés… Des fois je te vénère comme une déesse, je serais alors prêt à tout te donner, même ma vie. Mais des fois, je veux te blesser pour que tu prennes conscience que je suis le seul à avoir tous les droits sur toi… Je… Putain… Tu as raison je suis un damné ! gémit-il en plongeant son visage entre ses mains.

Sans réfléchir, la jeune femme brune se jeta sur les lèvres de son amant et l'embrassa avec force, lui mordant la lèvre dans un gémissement plaintif, goutant au sang de son compagnon, s'accrochant à ses épaules massives. Il n'était pas un damné, ou sinon elle l'était autant que lui, car elle ressentait exactement la même chose. Par moment elle souhaitait cajoler cet homme meurtri par la vie, et à d'autres moments elle voulait lui faire mal, tellement mal, qu'il se souvienne pour toujours qu'ils étaient liés l'un à l'autre. Est-ce que c'était de l'amour ? Un amour insensé et poussé à l'extrême ? Est-ce qu'ils se raccrochaient l'un à l'autre telle une bouée de sauvetage pour ne pas couler ? Hermione n'en avait aucune idée, mais là, tout de suite, ce qu'elle désirait par-dessus tout, c'était ne faire qu'un à nouveau avec l'homme qu'elle semblait aimer si étrangement.

- Prends-moi Drago… Une dernière fois…, le supplia-t-elle en le regardant dans les yeux, lui renvoyant ainsi son regard empli de désir consumé et de passion dévorante.

- Putain Hermione ! rugit-il en la plaquant à nouveau au sol, déchirant violemment les boutons de sa robe avant de fondre sur elle.

Tous deux s'engagèrent alors dans une longue lutte acharnée, aussi sauvage que désespérée, s'abandonnant complètement l'un à l'autre, conscient que chacun voulait se perdre dans les violentes étreintes de l'être tant désiré.


Allongée sur le lit, Hermione se remettait de leurs précédents ébats tumultueux. Elle n'aurait même pas sur dire quand il l'avait fait monter dans la chambre. Elle se releva péniblement, son corps marqué de quelques courbatures et s'habilla sans un mot, retardant au possible le moment où elle allait devoir faire face à ce que faisait son amant. Accroupi non loin de là, Drago prenait soin d'enchanter un sac à dos afin qu'il contienne le plus d'affaires possibles. Un sac, un seul et unique sac pour une seule et unique personne, elle. Il n'allait pas lui demander de rester comme il ne comptait pas la suivre. Il préparait ses affaires, en silence, en vue de leur séparation imminente.

- Je suis profondément désolé Hermione…, s'excusa-t-il du bout des lèvres sans se détourner de ses préparatifs.

- Moi aussi je…, commença-t-elle quand elle fut interrompue.

- Ne dis rien, c'est à moi de parler maintenant, dit-il d'une voix qu'il espérait la plus neutre possible. Tu as eu raison de t'énerver face à mon comportement détaché mais j'ai tellement pris l'habitude de masquer mes émotions pour me protéger que j'ai réagi ainsi instinctivement.

Le cœur serré et la bouche sèche, Hermione s'avança doucement vers lui sans oser proférer une seule parole.

- Je me doutais bien qu'un jour tu allais souhaiter t'en aller et j'ai vainement essayé de m'y préparer, continua-t-il en fermant les yeux, le cœur battant à tout rompre. J'ai voulu jouer à l'homme dur mais au fond de moi, oh Hermione, au fond de moi j'ai tellement mal que j'ai envie de pleurer mais les larmes refusent de couler.

- Viens avec moi ! le coupa-t-elle en le prenant dans ses bras.

Le dos solide et robuste de son homme collé contre elle fut brusquement pris de violents tremblements. Hermione ne le lâcha pas durant tout le temps que dura la crise, quand les soubresauts cessèrent enfin.

- Je ne peux pas, je suis un Mangemort, j'ai commis trop de crimes, je ne peux plus faire marche arrière, expliqua le grand homme en se forçant à sourire tristement, les poings serrés.

- C'est faux ! La rédemption peut être accordée à tout le monde ! s'écria-t-elle les larmes aux yeux en se retournant vers lui.

- Pas pour moi Hermione, souffla-t-il en séchant quelques larmes qui ruisselaient sur l'adorable visage de sa femme. Si je te donne cette baguette aujourd'hui, c'est pour te remercier de t'être donnée à moi comme tu l'as fait, alors s'il te plait accepte-là. Oublies tout ce que je t'ai dit toute à l'heure, j'étais hors de moi et tellement effrayé à l'idée de te laisser partir. Mais sache que ces instants passés près de toi ont été les plus heureux de ma vie.

- Non non, s'il te plait, accompagne-moi, le suppliait-elle en pleurant. Je ne peux pas… Je ne veux pas te laisser ici après tout ce qu'on a vécu ensemble… Moi aussi je suis désolée, moi aussi… Moi aussi j'avais peur, j'ai peur ! Je tiens à toi alors s'il te plait… Viens avec moi !

La voir ainsi l'acheva mais il avait pris sa décision. Il était fou d'elle, à en crever, mais il ne pouvait rester à ses côtés en dehors de ce manoir. Ici ils étaient chez eux, ils étaient seuls. Personne pour critiquer leur relation étrange et très certainement toxique, personne pour les rabrouer et les pointer du doigt. Mais à l'extérieur c'était différent et il ne pouvait pas la laisser subir le jugement d'autrui par sa faute.

- Hermione calme-toi, dit doucement le Serpentard dans le but de l'apaiser. Je veillerai sur toi, de loin, alors pars le cœur léger et dis-toi que tu as redonné la vie à un homme qui se croyait mourir.

- Drago, je… je ne… ne fais pas ça… je…, hoqueta la lionne, le chagrin lui nouant l'estomac.

Le jeune homme blond la prit tranquillement par la main tout en lui glissant la baguette dans une de ses poches et l'accompagna jusqu'à la porte. Le sac à dos qu'il avait préparé l'attendait déjà ce qui fit redoubler les pleurs de la jeune femme. Il posa alors délicatement ses lèvres sur celles mouillées de larmes de sa lionne, humant son parfum avec ferveur pour ne jamais l'oublier.

- Tu vas me manquer…, lui murmura-t-il à l'oreille avant de la saisir plus fermement, de la pousser sur le palier et de refermer la massive porte sur lui.

Hébétée face à ce comportement si soudain, Hermione chercha à entrer, sans succès, puis elle se mit à tambouriner contre la porte, hurlant son prénom, le suppliant de la laisser entrer pour qu'ils en parlent plus longuement tous les deux. Tout s'était déroulé beaucoup trop vite, elle pensait qu'ils prendraient le temps d'en discuter, qu'elle réussirait à le convaincre de la suivre, qu'il n'y aurait pas d'adieu déchirant. Mais elle avait beau frapper, crier, pleurer, rien ne se passa. Elle restait seule, dans ce grand jardin, le vent frais lui mordant la peau. De longues minutes passèrent. Il était temps d'abandonner et d'accepter le choix du Serpentard, même si ça lui retournait l'estomac de l'imaginer vivre et mourir seul dans ce lugubre manoir. Elle se promit de revenir, de ne pas l'abandonner dans cette prison qu'il s'était lui-même créée, qu'elle ne le laisserait pas pourrir ici !

Le sac rivé sur ses épaules et la baguette en main, Hermione s'enfonça dans la forêt qui avoisinait la grande bâtisse, le cœur lourd et le regard triste. Plusieurs heures s'écoulèrent ainsi, une fine pluie tombait et transformait le sol sec en terre boueuse. Un brouillard épais l'entourait à présent, l'empêchant de distinguer quoique ce soit à cinq mètres devant elle quand un bruit étrange lui fit stopper sa marche. Tendant l'oreille, elle entendit des pas saccadés s'approcher d'elle à vive allure. Prête à en découdre, Hermione brandit sa baguette devant elle quand une immense masse sombre fonça droit sur elle, l'enlaçant si fort qu'elle ne put retenir un gémissement de douleur.

- Je ne peux pas ! Je ne peux pas !

Cette voix grave, ce corps chaud, cette odeur envoutante… Drago ! D'un bond elle se jeta sur lui, prenant son visage entre ses mains, le cœur battant à tout rompre.

- Je ne peux pas Hermione, je ne peux pas te laisser. J'ai vraiment essayé d'agir comme un homme bien en te laissant partir mais c'est au-dessus de mes forces, j'ai trop besoin de toi-même si je sais que c'est égoïste, dit-il fiévreusement en palpant à son tour son visage, se rassurant de sa présence.

- Tu viens avec moi alors ? s'enquit-elle, pleine d'espoir.

- Où vas-tu ?

- Retrouver l'Ordre, retrouver Harry !

- Je ne serai pas le bienvenu là-bas et tu le sais, je suis un…

- Je sais ce que tu es ! l'interrompit la lionne posant son doigt sur ses lèvres pour le faire taire. Tu seras écouté et jugé et sache que je te défendrai bec et ongle. Je ne laisserai personne te foutre en prison, je sais à quel point ça peut briser une personne et je refuse de te savoir brisé ! s'exclama-t-elle en le regardant férocement.

Lui qui avait toujours cru qu'il était né pour souffrir, il eut enfin l'impression d'avoir trouvé sa bonne étoile.

- Je ne suis pas parfait, je suis loin d'être quelqu'un de bien et je sais que je ferai toujours passer notre bien-être avant ceux des autres, quand bien-même ce soit pour la bonne cause. Mais je peux essayer de faire comme lui, déclara-t-il la mine sérieuse.

- Comme qui ?

- Comme mon parrain, Severus Rogue. Cet homme a toujours été là pour moi, a toujours cherché à me protéger tout en menant à bien sa mission. Je me suis toujours senti redevable et je serai fier de faire comme…

- Je t'interdis de terminer cette phrase ! tempêta la Grffondor, la peur au ventre.

Elle savait très bien ce qu'il allait lui proposer et il en était hors de question. Jamais elle ne le laisserait devenir un espion, jamais elle ne le laisserait se mettre en danger à ce point-là. Se battre ensemble, oui. L'envoyer à une mort certaine, non.

- Hermione, tu ne comprends pas, marmonna-t-il, j'ai besoin d'expier mes fautes et de te prouver que je ne suis pas aussi mauvais que tu le penses.

- Je sais que tu n'es pas mauvais, tu n'as rien besoin de me prouver ! s'écria-t-elle. Je veux juste que nous restons tous les deux, que nous combattions ensemble mais rien de plus. Je refuse de faire de toi un putain d'espion, tu entends, je refuse !

- J'ai besoin de me le prouver à moi-même ! Hermione, tu le sais mieux que quiconque, tu as bien vu à quel point je peux facilement être envahi par les ténèbres qui m'entourent. Je t'ai battu et presque violé toute à l'heure…

- Si tu avais essayé d'abuser de mon corps Drago Malefoy, sache que tu ne serais plus là pour en parler ! tonna Hermione d'une voix forte en caressant son visage. J'ai été odieuse et tu n'as fait que réponde à mes coups, et avec moins de sauvagerie que moi. Alors s'il te plait, ne te blâme pas pour ça, ajouta-t-elle plus doucement.

- Je ne veux pas être un être mauvais… Hermione aide-moi…Je ne veux plus être un Mangemort… Je ne veux plus croupir et mourir tout seul…, murmura-t-il, des sanglots dans la voix.

- Je ne te laisserai plus jamais seul, je te le promets, chuchota-t-elle en l'embrassant fébrilement.

Le grand homme blond la prit dans ses bras, la gorge serrée face à aux déclarations de la jeune femme. Pour une fois, quelqu'un d'autre que sa mère se souciait de lui et cela l'emplissait d'allégresse. Qu'il devienne un espion ou non, cela n'avait pas d'importance, ils auraient le temps de réfléchir à cette éventualité plus tard, et c'était ça qui était magique. Le temps ne leur était plus compté, à présent ils pouvaient s'imaginer avancer ensemble, même si c'était pour un futur incertain.

- Allons-nous-en Hermione, transplanons loin de cet endroit, souffla-t-il en l'enlaçant davantage.

Transplaner… Cette idée n'avait même pas effleuré l'esprit de la Gryffondor qui marchait maintenant depuis des heures. Elle n'avait peut-être plus le réflexe d'utiliser une baguette, elle qui avait dû survivre sans pendant des années. Ou bien, elle n'avait pu se résoudre à s'en aller définitivement loin de son amant, priant en silence qu'il revienne la chercher. Et il était revenu, vers elle, vers la lumière. Aujourd'hui Drago Malefoy essayait de s'éloigner de cette obscurité qui l'engloutissait de plus en plus depuis tant d'années. Et de nouveau elle pouvait gouter à ce merveilleux sentiment qu'est l'espoir. L'espoir de retrouver ses amis qu'elle croyait perdus, l'espoir de vaincre Voldemort, l'espoir de sortir de cette guerre, et avec lui.

- Et Saku ? demanda la lionne en songeant subitement à la pauvre créature qui resterait seule dans celle grande maison vide. Et tes parents ?

- J'ai prévenu Saku que je partais un moment mais que je reviendrai la chercher, la rassura-t-il en souriant. Ne t'en fais pas Hermione, je ne vais pas laisser cette agaçante petite créature pourrir dans cet endroit morbide. Quand à mes parents, reprit le garçon plus sérieusement, j'enverrai un hibou à ma mère pour lui dire qu'après ce que j'ai subi, j'ai préféré m'éloigner d'ici pour voir du pays.

- Tu ne vas rien lui de plus ? s'enquit-elle.

- Non, il ne vaut mieux pas que mon père en apprenne davantage, surtout si par la suite j'y retourne pour…

- Pas d'espionnage Drago ! siffla-t-elle d'un ton menaçant.

Sans lui répondre, Drago glissa son pouce le long de la joue mouillée de larmes séchées de sa petite femme, le sourire aux lèvres et le cœur un peu plus léger.

- Je ferai tout pour aller mieux pour enfin te protéger comme il se doit de ce monde de merde, promit-il d'une voix rauque.

- Je n'en doute pas, sourit-elle les yeux à nouveau embués de larmes.

La tête posée contre son torse, le parfum de la pluie et de son homme titillant délicieusement ses narines, Hermione se remit enfin à espérer. Il était là, il était réel et il la prenait dans ses bras. Ce tordu de Serpentard venait de réaliser un exploit insensé, celui de la faire se sentir heureuse, pour la première depuis si longtemps. Le visage souriant, la Gryffondor se détacha délicatement de lui pour lui faire face, les yeux dans les yeux.

- Fait tout de même attention Malefoy, à t'entendre parler ainsi, on penserait que tu deviendrais presque gentil et romantique, s'esclaffa-t-elle en l'embrassant à pleine bouche.

- Il va falloir que tu arrêtes de déteindre sur moi Granger, ria-t-il à son tour en répondant à son baiser fougueux.

Ni lui ni elle ne savaient ce que l'avenir leur réservait. Jamais ils n'oublieraient leurs blessures, leurs traumatismes, leurs cassures. Mais ils s'étaient trouvés et avaient enfin réussi à faire taire leur petite voix intérieure qui les rongeait depuis tant d'années. Malgré leurs différences, leurs rancœurs et leurs appréhensions, ils avanceraient ensemble aussi vaillamment que possible. Leur futur était trouble, la grande faucheuse qui déambulait sur les cadavres provoqués par cette terrible guerre pouvait les emporter avec elle à tout moment. Comme dans toutes les guerres, il y avait des bons et des méchants. Mais surtout il y avait des hommes et des femmes, qui faisaient tout pour survivre et qui espéraient un jour sortir vivants de toutes ces horreur pour pouvoir vivre, enfin, paisiblement. Et c'est ce qu'ils étaient, des êtres humains avec leurs défauts et leurs faiblesses, fermement décidés à s'accrocher à cette nouvelle vie qui commençait.

Drago glissa un dernier regard vers Hermione qui lui répondit en souriant, et c'est main dans la main qu'ils transplanèrent, loin de cette prison, heureux de s'être enfin libérés d'entre ces murs.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

This is the end ! Et oui, fini pour de bon ! Et non, il n'y aura pas d'épilogue car je souhaite à ce que cette fin reste ouverte, c'est à dire que tout est loin d'être réglé, que ce soit la guerre, leurs traumatismes, leur relation... L'avenir reste incertain mais avec une petite lueur d'espoir.

Parce que oui, j'ai opté pour une fin heureuse, mais vraiment, jusqu'au bout j'ai hésité ! Qu'elle s'en aille et abandonne Drago, j'y ai réfléchi longuement mais que voulez-vous, je suis une faible femme et je trouvais que j'avais déjà tellement fait morfler Drago que je ne pouvais pas lui enlever la seule femme qu'il aimait. Certaines jugeront peut-être cette fin trop mièvre ou peu réaliste vu leur relation dans les premiers chapitres, mais c'est ainsi que je voulais boucler mon histoire !

Encore une fois, je remercie vivement toutes les revieweuses qui ont porté ma petite histoire grâce à leur commentaire ! Je vous invite à faire de même sur mon autre histoire La rancune d'un serpent et qui sait, peut-être qu'un jour je me lancerai dans une autre histoire (j'y pense sérieusement depuis peu) ^^

See you ! :D