Oha-yoooo !

Voici le prologue de cette nouvelle histoire ! J'espère qu'elle vous plaira autant qu'à moi ! J'ai encore une fois rien prévu, tout est à la rachasse xDD

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture et un bon grignotage~ o/


Tegwen soupira, la fête battait son plein devant lui, et visiblement ses deux sœurs s'amusaient en tournant bras dessus, bras dessous. Il était terriblement inquiet pour ses parents et ses oncles, rongeant sa conscience en lui faisant sautiller ses pieds sur place tandis qu'il était assit. Étant le plus âgé, bien que d'une année seulement, ses pères lui avaient confié qu'ils partaient chercher le codex dans la régions voisine. Il avait donc juré de prendre soin de ses cadettes, et les défendre jusqu'à la mort.

Seulement, voilà bien plus d'une semaine qu'il était sans leurs nouvelles, et il commençait à s'inquiéter. Shin lui disait toujours : "Si tu ne contacts pas quelqu'un qui t'attend au bout d'une semaine, c'est que tu es mort." Il était donc terriblement angoissé, mais ne pouvait se confier à ses frangines. Connaissant Kaly, elle foncerait tête baissée, et réussirait à se tuer.

Un jeune garçon, de treize ans aussi, se posa à côté de lui, l'intriguant alors qu'il le sortait brutalement de ses pensées. Il était blond, les cheveux courts légèrement ondulés, et des yeux d'un vert très tendre. Son air assuré se lisait malgré le malaise apparent qui le tenait visiblement aux tripes. Leurs regards se croisèrent. Aucun d'eux ne surent quoi dire ou faire pour briser l'étrange ambiance mélangeant curiosité et méfiance. Ils finirent par rire un peu, comprenant qu'ils étaient dans la même situation.

- T'es avec tes parents ? demanda l'inconnu pour démarrer la conversation.

- Non, je dois rester ici pour veiller sur mes sœurs, répondit Tegwen, un sourire tordu forçant un passage sur son expression à nouveau crispée par l'angoisse.

- Oh vraiment ?! se redressa l'adolescent, ses yeux brillants d'intérêt presque infantile, souriant de toutes ses dents. Où sont-elles ? Ce sont les brunes là bas ?

- Non, en fait, ce sont elles, juste là.

Le garçon plissa les yeux, avant de se reculer et de dévisager tour à tour les jeunes filles et son voisin. Son air perdu et suspicieux fit rire Tegwen aux éclats. Ça lui faisait un bien fou.

- Les gens sont souvent choqués ! expliqua-t-il en calmant son euphorie. Nous avons été adopté. Notre famille est, disons, pas très conforme aux normes actuelles.

- J'ai toujours trouvé ça admirable de prendre des enfants qui ne sont pas de notre sang sous son aile ! sourit le blond avant de tendre sa main dans sa direction. Je m'appelle Alwin, Alwin des vestiges, mais tout le monde me surnomme Ifrit dans mon village.

- Tegwen Lennon... Ifrit ? fit l'autre en lui serrant timidement la main, perplexe.

- Apparemment partout où je passe, un incendie se déclare, rit-il, se calmant par la suite en étant à nouveau mal à l'aise, observant la foule.

- Ton nom de famille vient de là ? pouffa son voisin, jetant un œil à ses sœurs qui s'assirent non loin pour boire un coup.

- En fait, personne ne sait d'où je viens, on m'a trouvé dans de vieille ruine sur le territoire d'un dragon. J'étais qu'un bébé, et mes parents ont dû se faire dévorer.

- Tu as été adopté aussi ? questionna Tegwen en se tournant vers lui avec surprise.

- Uhm... Disons que c'est un peu compliqué... Je ne suis pas très à l'aise dans la foule, je vais me balader autour du lac juste en bas, annonça son interlocuteur en se levant, fuyant visiblement la discussion.

Ressentant la même chose, le jeune homme se demanda s'il pouvait le suivre. En regardant ses cadettes, il les découvrit attablé en sortant un jeu de carte, elles en avaient donc pour un bon moment. Liebel croisa son regard pendant que Kaly, qui tournait le dos à son frère, brassait le paquet. Il fit quelques signes pour dire qu'il allait se balader à côté et qu'il ne serait pas long. La déesse sourit, et lui fit un geste pour le saluer avant de reprendre son attention sur le jeu qui se préparait.

- Attend, lança le Tegwen en se levant, stoppant le blond qui se retourna avec étonnement. Je t'accompagne, je ne suis pas non plus très à l'aise..., sourit-il, gêné.

- Avec plaisir ! accepta de bon cœur son nouvel ami.

Ils s'éloignèrent, et descendirent la colline pour rejoindre le lac en contrebas. La musique était bien étouffée par la distance, et les lumières de la place furent loin. Les grillons emplissaient l'air de leur chant, des lucioles voletant au dessus de l'eau. Quelques grenouilles étaient présentes, croassant de temps à autres et sautant dans l'eau. L'ambiance calme fut reposante comparé à la fête un peu plus haut, les adolescents s'assirent donc dans l'herbe côte à côte en soupirant de soulagement.

Alwin leva la tête pour observer la voûte céleste en souriant, son voisin fixant plutôt l'horizon dans la direction où se trouvait ses parents. Ils étaient encore haut, alors d'ici ils avaient une vue imprenable sur la vallée et sa forêt. Tegwen ne put s'empêcher de se dire que sa famille se battaient pour la survie du monde à l'heure actuelle, mais que personne ne le saurait. Ils resteront les aventuriers teigneux, détestés autant des nobles que des villageois, alors qu'ils avaient tant fait pour les garder dans ce confort dont ils jouissaient chaque jour. Les quatre amis ne s'en plaignaient que peu, trinquant le soir en médisant ces ignares, mais jurant silencieusement de continuer à les protéger. Ils étaient de vrais héros aux yeux du jeune homme.

- Il commence à faire vraiment super chaud, l'Été approche à grand pas, lança Alwin, sortant l'autre de ses angoisses.

- Oh mince..., soupira Tegwen en prenant son visage en main. Ce sera l'anniversaire de Kaly ! J'avais complètement oublié !

- Kaly ?

- L'une de mes sœurs, la rouquine.

- Oh ! Et tu as une idée de cadeau ?

- Pas vraiment..., souffla-t-il en fermant les yeux et frottant sa nuque, serrant son autre poing sur sa cuisse tandis qu'il était agenouillé. Elle n'est pas vraiment une fille comme on en connaît habituellement, elle aime tout ce qui est guerrier. Mais j'aimerais changer un peu des couteaux ou des vestes de protections. Seulement... Je ne sais pas trop quoi prendre...

- Les présents les plus durs à trouver sont ceux de nos proches ! Il faut demander un avis extérieur, ça aide.

- Tu aurais des suggestions ?

- Aucune ! répondit le nordien en explosant de son rire claire et contagieux.

- Ça ne m'aide pas beaucoup ! sourit son voisin qui désespérait.

- Demain il y a un marché sur la place, beaucoup de gens vendront leurs anciennes affaires également, peut-être que tu trouveras quelque chose en passant.

- J'y ferais un tour, merci, fit-il, l'espoir le regagnant.

Alwin l'observa droit dans les yeux un long moment, semblant prit de réflexion. Tegwen se sentit mis à nu par ces yeux clairs qui le laissait de moins en moins indifférent. Ses rougeurs ne passèrent pas inaperçues, même dans la nuit, à cause de sa peau diaphane. Il esquiva le regard de l'autre en fixant la surface de l'eau, intimidé.

- Tu n'es pas du coin, je veux dire, tes origines. Je n'ai encore jamais vu de personne avec les yeux bridés.

- Ah, euh... Non, je... C'est compliqué..., se dégagea-t-il en ne voulant pas parler de ses liens de parentés particulier.

- Eh bien, eh bien, que de mystère, tu m'intrigue beaucoup, avoua le blond en prenant appui derrière lui et croisant ses chevilles, jambes tendues, un large sourire aux lèvres.

- Je suis ordinaire...

- Tu as une sœur complètement blanche, une autre qui se comporte comme un vrai garçon manqué, et tu esquives très habillement les sujets sur ta famille. Quant à tes vêtements, ils sont aussi étrangers que les traits de ton visage. Tu n'es pas si ordinaire, tu es intéressant.

Tegwen se sentit mourir de gêne, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Qu'on s'intéresse à son apparence était un fait banal, il était habitué avec les jeunes filles qui lui tournaient souvent autour, mais pas à lui en tant que personne. Entendre quelqu'un dire qu'il était intéressant de parler avec lui, de le connaître, était tout nouveau, et l'emplissait d'une euphorie inconnue. Cependant, cette dernière le mettait mal à l'aise, justement parce qu'il ne la reconnaissait pas. Il préféra donc dévier la conversation de lui.

- Toi non plus tu ne dis pas grand chose sur toi, peina-t-il a articulé, amusant son compagnon.

- Je n'ai juste pas grand chose à raconter sur moi, rétorqua Alwin avant d'aller piquer son épaule de son doigt, attirant à nouveau ses yeux dans les siens. Dis moi au moins pourquoi tu es seul ici avec tes cadettes, dans un village qui n'est visiblement pas le votre.

- Je te le dirais si tu me dis d'abord pourquoi toi tu es ici, accepta le noble héritier afin de se laisser le temps de trouver une excuse.

- Marché conclu ! Je suis juste un voyageur itinérant. Je suis parti de chez moi l'année dernière, j'apprends sur les routes pour être un chevalier !... Enfin, je ne serais pas rattaché à une châtellerie.

- Aventurier ? réagit de suite Tegwen avec intérêt. Comme mes parents !

- Oh, une information, jubila son voisin, le faisant sursauter et paniquer, riant donc de sa réaction.

- Euhm... Bon, comme promis, je répond. Mes parents sont sur une affaire, ils sont aventuriers. Comme c'est dangereux et très important, ils ont préféré nous tenir à l'écart avec mes sœurs.

- Dangereux ? répéta le jeune homme en se redressant, perplexe.

- Je ne peux pas en dire plus, désolé.

Un instant de flottement prit place. Le Tegwen garda ses yeux ancrés dans les siens, sentant que quelque chose se passait et qu'il ne pourrait y échapper. Alwin, déjà proche de lui, se pencha vers son visage avant qu'ils ne réalisent, et rougissent furieusement. Ils ne bougèrent pas, cherchant dans les prunelles de l'autre une quelconque réticence ou un refus. La délicate ambiance les enveloppèrent doucement, les apaisant dans leurs craintes, et ils louchèrent sur les lèvres de l'autre. Lentement, ils se rapprochèrent, fébrile, et cherchèrent leurs bouches avant de les sceller pour leur premier baiser.

C'était étrange, humide, confortable. Leur sang pulsait si fort dans leurs veines qu'ils pouvaient entendre leur cœur battre dans leurs oreilles. En se séparant un peu du blond, Tegwen fut surpris. Il aurait pensé à une explosion de sensations, un dé-clique, un changement particulier, mais il était juste heureux et à la fois angoissé. C'était un mélange assez particulier.

Ne voyant aucun recul de la part de son voisin, le jeune nordien s'avança à nouveau pour l'embrasser, fermant les yeux. L'autre fit de même par surprise, sentant cette fois-ci son cœur battre bien plus vite. Il répondit aux chastes baisers timides, ne sachant pas trop comment s'y prendre.

Embarrassé d'être si maladroit et ignorant, il chercha dans sa mémoire un quelconque exemple pour se rattraper. Ses parents furent la première chose qui lui vint à l'esprit, Shin et Akela en second. Il essaya d'imiter ses pères, ouvrant la bouche en sortant la langue pour la passer sur les lèvres de l'autre, un soupir de bien être lui échappant. Alwin se recula, surpris, et le dévisagea avec des yeux rond. Tegwen se rendit subitement compte de ce qu'il faisait et rougit furieusement, posant une main sur sa bouche en s'apprêtant à s'excuser.

Il n'eut pas le temps de s'embourber dans de multiple phrases respectueuses, qu'un coup de tonnerre retenti au loin. Le son le fit bondir sur ses pieds, et fixer l'horizon. Un rassemblement de lourds nuages était visiblement déjà présent depuis un moment, mais perdu dans l'ambiance romantique, il n'avait rien remarqué. Puis le ciel se déchira au dessus de la région voisine, des comètes chutaient de la brèche pour fondre sur le sol dans des sillons de flammes impressionnantes. Un hurlement guttural retentit jusqu'à eux, démoniaque. Si Alwin, terrorisé, n'en perçu que la rage, Tegwen reconnu la voix déchiré de peine de son Dad, et sentit son estomac se tordre jusqu'à se briser.

Les adolescents virent l'onde de déflagration avancer vers eux à toute vitesse, les pétrifiant d'abord sur place avant qu'ils ne se jettent à terre par instinct de survie. L'impacte sur leur position fit retentir une détonation sourde sous la tempête. Chaque comète ayant chu au loin laissa ses ondes de choc arriver jusqu'à eux et les fouetter rudement, les plaquant au sol alors qu'ils se protégeaient la tête de leurs mains. Le cataclysme sembla durer une éternité, coupant à de nombreux endroit les deux garçons figés dans l'herbe.

Lorsque tout s'arrêta, ils osèrent relever prudemment la tête, regardant derrière eux avant d'écarquiller les yeux sous le choc. La région voisine, normalement verte et boisée, n'était plus qu'un champ de terre retournée et couverte de flamme. Tegwen se retourna et sentit son souffle le quitter en découvrant que les bâtiments autour de la place avait été soufflé par les bourrasques de vents, et s'embrasaient. Il se précipita sur le lieu, son ami à ses talons, avant d'appeler ses sœurs avec inquiétude.

Une explosion électrique écarta des morceaux de bois entassé, Liebel sortant des décombres en toussant, comme beaucoup de villageois. Son frère se précipita vers elle et l'aida à se redresser, la détaillant sous toutes ses coutures pour voir si elle était blessée. La déesse émit ce sifflement qui était son rire, et soigna ses contusions avant de s'occuper rapidement des coupures de son aîné. Elle le trouvait attendrissant à s'inquiéter de ses blessures alors qu'elle pouvait guérir d'un claquement de doigts.

Kaly sortie du dessus d'une table brisée en jurant comme un vieux soûlard, et pestant dans les nombreuses langues que lui enseignaient son Dad. Elle allait bien, donc. Tegwen soupira de soulagement, tout de même désespéré sous ses mauvaises manières. Alwin rit, autant parce qu'il était rassuré que par le comportement étonnant de la demoiselle. Cette dernière se jeta sur l'un des villageois encore sonné, et le secoua par le col, les yeux révulsés.

- T'as triché, fils de pute ! Rend-moi mon blé ! Où je vais niquer ta mère tellement fort qu'elle va chanter les quantiques de la lumière à l'envers !

Le jeune aventurier rit plus encore, Liebel le suivant, et Tegwen se cacha dans ses mains. Il allait devoir mener sa fratrie pour retrouver sa famille, et ça n'allait pas être de tout repos.