Avec toi
-Je n'arrive pas à dormir la nuit
-Je ne pense pas que l'usage des médicaments soit bien utilisés dans votre cas , vous avez déjà des …
-Non, je ne veux pas de médicaments, en tout cas, pas plus que ce que j'ai déjà, soupira-t-il , les yeux cernés et rougis, les épaules affaissés et le regard mélancolique.
Il avait l'impression de ne pas avoir dormit depuis une décennie. Chaque jour qui passait était un enfer sur terre pour lui, il avait du mal à commencer une nouvelle journée, à simplement respirer. Tout était démunie de sens sans elle. Il avait l'impression d'être dans un gouffre, un gouffre dans lequel il ne pourrait pas sortir... sans elle.
-Que souhaitez-vous alors Richard?
Levant les yeux avec un regard larmoyant, il voulait lui dire « juste elle », tout ce qu'il voulait c'était « elle », mais ce désir était presque dénué de sens . Il se sentait complètement abattu par la situation, par ces séances de thérapies hebdomadaires qu'il jugeait inutile alors il murmura désemparer :
-Je voudrais que vous me disiez ce que je dois faire
-Vous savez que les raisons de ces séances sont pour que vous trouviez seul votre voix. Je peux vous aider, je….
-Je suis ici depuis un an . Un an,…un an, sans dormir sans elle, sans la voir sourire, ou rire, un an à me demander si je suis fou d'attendre encore ou pire d'y croire encore. Je n'en peux plus. Je n'y arrive plus. Je n'ai pas besoin que vous m'aidiez à trouver ma voix, je veux simplement que vous me donniez la solution. Je ne peux plus continuer comme ça, vous ne le voyez pas?
-Mr Castle vous ai-je déjà expliquer les étapes du deuil?
-Je ne suis pas en deuil, Beckett….Kate est encore en vie! S'exclama-t-il sur un ton tellement abattu à force de le répéter à tout son entourage qu'on penserait qu'il a dû mal à y croire lui-même. Elle est en vie. Pourquoi tout le monde me parle de deuil!
-Comme vous me l'avez souligné, cela fait déjà un an. Les médecins, les études, tout indique qu'après plus de six mois dans le coma, personne ne se réveille.
-Alors quoi? On arrête tous les soins et on la laisse mourir sous prétexte que les études nous démontrent que personne ne se réveil ?
-Richard, je…
-Vous la connaissez. Vous savez qui est ma femme. Elle est Kate Beckett, elle ne meurt pas devant une balle, ou dans un congélateur, ou devant une bombe sale ! Vous la connaissez ! sanglota Rick, le cœur brisé devant le regard attristé de Burke qui le voyait se débattre semaine après semaine après l'accident. Elle est Kate Beckett, elle ne peut pas mourir…..Vous attendez, elle ne peut pas mourir, reprit-il difficilement en sentant ses poumons manquer d'air et la bile remonté.
- Oui, je vous entend, Richard, abdiqua le thérapeute démuni devant sa détresse.
XXXXXX
- Alors j'ai dit à Gina que mon contrat avec elle était terminée. Je sais…j'aurais dû le faire depuis longtemps, sourit-il en observant chacun de ces traits.
- Espo est passé hier avec Lanie, je crois qu'ils sont de nouveaux ensemble…je sais, ça ne me regarde pas et je ne devrais pas fouiller, mais quand même, tu n'es pas un peu curieuse ? ….
- Je….., soupira-t-il en ne la voyant pas réagir. Kate ? tu m'entends, chérie ? tu m'entends ?
XXXXXXXX
- Alors, on arrive à la phase cruciale...blanc ou bleu, Beckett? demanda-t-il en brandissant deux rouge à ongles devant le corps endormie de sa femme.
C'était la fin d'après-midi et il se retrouvait seul avec Kate. Les visites se faisaient de plus en plus rare désormais. Les gars n'arrivaient plus à entrer dans la chambre et regarder leur supérieure, leur amie dans le coma. Lanie, elle, passait trois fois dans la semaine mais ces visites se faisaient de plus en plus courte. Seul Martha, Jim et Alexis passaient régulièrement voir Beckett. Tantôt pour un peu de lecture, tantôt pour lui parler et converser de leur journée, tantôt pour simplement être présent pour elle.
Rick, lui, ne quittait que très rarement le chevet de sa femme. Il venait tous les jours, tous les après-midi et tentait par ses mots , par ses gestes d'établir un contact avec elle. Mais les jours, les semaines, commençaient à peser sur son coeur et il avait de plus en plus de mal face à cette solitude.
- Allez, va falloir me le dire, sinon, je vais devoir prendre la décision tout seul...allez, Beckett, blanc ou bleu ?
L'observant encore quelques secondes, il soupira en ne la voyant toujours pas réagir. Elle était allongée, les yeux clos, les cheveux tressés en train de dormir paisiblement. Déposant ses effets sur la table de chevet, Rick se gratta la nuque et murmura abattu :
- On va partir sur le blanc, je sais que le bleu tu n'y tiens pas vraiment.
Lentement, il s'installa sur une chaise près d'elle et lui découvrit les membres inférieurs pour lui caresser tendrement le bout des pieds. Sans sans apercevoir, il commença à pleurer silencieusement en se demandant encore combien de temps il arriverait à tenir sans elle.
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Six mois plus tard.
Assis comme à son habitude depuis des mois, il caressait tendrement la main de sa femme en lui racontant sa journée. Il avait espoir que quelque part, le son de sa voix guiderait Beckett et qu'un jour , elle se réveillerait.
La dernière étude en date sur ce sujet démontrait que certain patient était capable de se remémorer des conversations qu'ils avaient entendu dans le coma. Alors, comme un rituel bien huilé, il lui contait chacune de ses journées, de ses fantaisies ou de ses maladresses avec l'espoir de la voir se réveiller, ou lui sourire ou simplement rouler des yeux à ces élucubrations.
Mais ce rituel qui avait commencé comme un espoir était de plus en plus douloureux pour lui. Il avait de plus en plus de mal à y croire, à faire face à toute cette situation. Les jours, les semaines, les mois se succédèrent et son état était toujours le même.
Un an et demi à l'attendre, un an et demi à se battre avec le corps médical pour continuer les soins, à affronter ses proches qui tentait vainement de lui faire prendre conscience de la situation, un an et demi à vivre un cauchemar vivant.
Pleurant silencieusement, il l'observait les yeux clos , le visage apaisé, et les cheveux toujours brossé avec soins. Elle semblait endormie et bien loin de ses préoccupations. Le cœur brisé, il renifla en avalant douloureusement sa salive , tout en lui murmurant :
-Je sors de chez Burke…qui aurais cru que j'ai passé plus de temps de thérapie que toi ?…,déglutissant en repensant à leur conversation, il hésita à continuer avant de dire:
-Tout le monde s'inquiète pour moi…pour mon état psychologique….je leur dirais bien d'aller au diable, de s'occuper de leurs petits maux et de me laisser en paix, …..nous laisser en paix, mais…je ne peux pas. Je ne peux pas parce qu'il commence à envisager de placer Lily. Kate, il faut que tu te réveils. Tu m'avais promis que la prochaine fois que je referais ça, je ne serais pas seul. Tu m'as promis , Kate. Alors, s'il te plait réveil toi, ne m'oblige pas à choisir entre toi et Lily…s'il te plaît.
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Cinq mois plus tard.
-Alors, moi je prend la tasse rose à paillette et toi celle avec des coccinelles ?
-Oui! sourit Lily affublé d'un costume de fée avec des ailes dans le dos et entourées de toutes ces peluches pour le thé de l'après midi avec son père.
-Tu es sûre que tu ne veux pas la tasse rose ? sourit Castle en la voyant froncer des sourcils tout en étudiant les deux tasses.
Lily était une petite fille pleine de malice et très très active. Elle était un joli mélange de Rick et Kate. Brune aux yeux bleus, la silhouette élancée de sa mère et les cheveux mi-long, elle était aussi gourmande que Rick mais avec pris du côté de sa mère pour la réflexion. A chaque sourire, chaque froncement de sourcil de sa part, Castle sentait son ventre se noué face à l'image qu'elle lui renvoyait. Elle ressemblait à Kate….même un peu trop à son gout.
-Lily, déglutit-il, le ventre noué, en la voyant toujours silencieuse avec le même regard que Beckett
-Non, sourit-elle avec le même sourire ravie que sa mère lui lançait quand elle était heureuse. Je veux les coccinelles !
-Va pour la tasse rose à paillette pour moi alors, bougonna Rick en commençant le service de thé. Alors qui veut de la tisane Mesdames? ajouta-t-il en direction de toutes les peluches sur le sol
-Moi, moi !
-Les invités d'abord, jeune fille, rit-il devant son enthousiasme.
Alors qu'il allait commencer son rituel, la sonnerie de la porte le stoppa dans ses activités et il soupira.
-Qui ose interrompre le thé des Castle? fit-il dramatiquement pour faire sourire sa fille
-gram's!
-non, chérie, elle est allée faire du shopping alors elle ne rentrera qu'à l'aube
-Lexi!
-Hum, hum…allons voir , jolie fée, sourit-il en se levant avec des ailes sur le dos, une tiare sur la tête et des paillettes sur le visage.
Heureux, il s'étira avant de partir ouvrir et découvrit Jim à la porte , le visage fatigué, l'air soucieux malgré un sourire timide.
-c'est l'heure du thé avec ma petite fille ? demanda le patriarche devant l'accoutrement de son gendre
-Oui, bonjour Jim, rentrer
-bonjour Richard, sourit-il, usé par le poids de ces deux dernières années. Comment ça va Lily Bug ?
-Papi ! s'exclama folle de joie , la petite en renversant quelques peluches sur le passage pour aller embrasser son grand-père
-hey, chérie, soupira tendrement Jim en l'enlaçant dans les bras tout en humant son odeur pour se sentir moins briser.
A chaque fois qu'il prenait Lily dans ses bras, il avait le même rituel. Il l'enfermait dans une tendre étreinte, fermait les yeux et tentait par le biais de sa petite-fille de retrouver un peu de sa fille aussi. Ce spectacle attristait toujours Rick. Son beau-père avait déjà dû faire face à la perte de sa femme et il devait aujourd'hui, faire le deuil de sa fille.
Déglutissant devant cette image, Rick inspira fortement pour se redonner bonne figure, et demanda sur un ton qu'il souhaitait joyeux:
-Jim, souhaitez-vous un café ?
-Oh, je ne veux pas déranger, je suis juste venu discuter et ….
-Vous êtes à la maison. Vous ne ne nous déranger pas, pas vrai cacahuète?
-Oui! sourit la petite en sortant de l'éteinte de son grand-père pour repartir jouer avec ces poupées.
-Dans ce cas , je ne refuserais pas un café
-Je dirige le chemin, sourit Rick en partant à la cuisine pour commencer le service.
Un brin anxieux et d'une infinie tristesse par rapport à la discussion qui allait avoir lieu, Jim se gratta maladroitement le cou de lassitude. Ses deux dernières années avaient été en enfer pour lui. Il avait dû affronter le coma de sa fille, la naissance de sa petite fille et la descente aux enfers de son gendre avec tellement d'impuissance que le désir de retomber dans l'alcool avait été parfois irrésistible.
La vie était si injuste. Sa fille aurait mérité de vivre une once de bonheur, elle aurait mérité de connaitre sa fille, elle aurait dû avoir droit de construire sa vie de famille. Au lieu de ça, il la regardait dépérir dans son lit d'hôpital jour après jour le cœur meurtri.
-Jim? l'interpella Rick en le voyant toujours au milieu du hall dans ses pensées
-Oh, pardon, s'excusa le patriarche , le ventre noué et des cernes aux yeux.
Inspirant doucement, pour se donner du courage , il sourit à sa petite-fille qui disputait MonKey Bonky pour avoir mangé tous les cookies et se dirigea près de l'ilot de la cuisine, ou Castle l'attendait en l'étudiant.
-Alors que me vaut le plaisir de votre visite? demanda l'écrivain en lui offrant sa tasse de café et un sucre.
-Je suis allée voir Kathie , aujourd'hui
-Un souci? L'hôpital ne m'a pas appelé et…
-Non, non, tout va bien, Richard, enfin…c'est toujours la même chose, soupira-t-il vaincu.
Hochant silencieusement de la tête, Castle ferma quelques secondes les yeux, en sentant son cœur s'emballer. Il n'était pas allé voir Kate depuis deux jours. Le docteur Burke ainsi que le pédopsychiatre de l'hôpital l'avaient informé que Lily ne devrait pas être aussi souvent au chevet de sa mère. Qu'inconsciemment la petite aurait plus tard des difficultés à assimiler les choses et qu'il n'était pas bénéfique pour un enfant de son âge de passer son temps dans les couloirs des hôpitaux à attendre le réveil de sa mère.
S'il avait régulièrement occulté leur propos, le temps et les mois passés lui firent réviser ses idées. L'état de Kate était inchangé et les questions de Lily étaient de plus en plus fréquentes et précises. Elle avait de plus en plus de mal à rester dans la chambre de sa mère et demandait fréquemment pourquoi elle ne se réveillait pas comme blanche-neige et la belle au bois dormant. Pourquoi sa mère ne voulait pas la voir et si elle était douloureuse.
Après moult hésitations, Rick avait ralenti les visites à l'hôpital pour le bien être de sa fille et devait attendre que sa mère ou Alexis puisse la garder pour rester au chevet de sa femme.
-J'ai vu le médecin Kobalt aujourd'hui, continua sur un ton incertain le patriarche
-hum
-Il m'a notifié qu'à la fin du mois, on en sera à deux ans.
-Je n'ai pas besoin de ce médecin pour savoir quand j'ai perdu ma femme ou pour connaitre la date d'anniversaire de ma fille.
-Je le sais, je le sais, temporisa Jim qui savait par expérience que cette conversation risquerait d'être houleuse.
-Mais? insista Rick qui sentait que son beau-père était sur la réserve au sujet de cette situation.
-Je ne pense pas que Kathie aurait souhaité ce genre de vie. Ça fait deux ans, Richard, et rien n'indique qu'elle se réveillera.
-Alors quoi? On arrête tout? pesta-t-il en regardant du coin de l'œil Lily jouer l'air de rien
-Je sais que vous l'aimez, je n'aurais pas pu mieux espérer pour ma fille mais rendons nous à l'évidence….. Kathie n'aurait pas souhaité ce genre de vie pour elle, pour vous ou pour Lily. Il s'agissait aussi de ma fille, ma fille et…
-Je ne peux pas, Jim. Je ne peux pas arrêter….c'est au-dessus de mes forces.
-Laisse-moi prendre la décision dans ce cas, fils.
A la demande de son beau-père, Rick releva brusquement la tête pour le dévisager. Venait-il de lui demander d'être le décisionnaire des soins de Kate? venait-il de sous-entendre qu'il arrêterait les soins de sa fille pour le soulager de cette décision?
Complètement pris au dépourvu par cette demande, il déglutit douloureusement en écoutant Jim lui confesser avec une extrême tristesse :
-Je ne veux pas lui dire au revoir. Kathie….Kathie était tout ce qui me restait …mais ce n'est pas la vie qu'elle aurait choisi….tu le sais, au fond de toi, tu le sais. Elle était indépendante et forte, elle n'aurait pas souhaité qu'on la veille jour après jour sur un lit d'hôpital. Même si je sais que je ne pourrais jamais me relever de la perte de ma fille, il est temps que nous commencions à prendre conscience que…
-Elle n'est pas morte, il y a encore de l'espoir et…
-Elle est partie Richard. Elle n'est plus là et on va devoir sans faire une raison. Ma petite fille est partie….ta femme est partie, pleura silencieusement le patriarche en sentant son cœur se briser en mille morveux à la vue de Rick. Je suis désolé mais Kathie est partie , il y a deux ans. Ma petite fille n'aurait pas voulu cette vie là...deux ans, Richard, il est temps de la laisser partir en paix.
Il avait l'impression de se voir des années en arrière à la mort de Johanna, sauf que cette image que lui renvoyait Castle était infiniment plus douloureuse. Sa fille ….était morte et voir son gendre qu'il considérait comme son fils aussi anéantit était pire que sa propre douleur à l'époque.
XXXXXXXX
Une semaine plus tard.
Assis l'un à côté de l'autre dans ce vaste bureau médical, Castle écoutait le cœur brisé les explications du docteur Kovacs sur l'arrêt des soins de Kate.
Il avait l'impression que son monde s'écroulait.
Assis à ses côtés ; Jim peinait à retenir ses larmes. Le médecin leur expliquait que l'euthanasie n'était pas légalisé dans le pays et mais qu'il pouvait faire en sorte d'alléger les souffrances de Kate , en arrêtant certains médicaments et en laissant la nature reprendre son droit.
A ces mots, il sentit son gendre se crisper et grimacer de douleur. Abattu lui aussi, il lui prit la main d'un geste paternel pour lui montrer son soutien et ne la lâcha pas jusqu'à la fin de l'entretien.
Ils avaient convenu d'arrêter les médicaments dès le lendemain mais le médecin leur avait expliquer qu'il faudrait surement attendre des jours voir des semaines.
Complètement démuni, il observa Rick hocher simplement la tête, et se lever sans un mot avant de signer fébrilement la feuille de limitation thérapeutique.
Fermant les yeux, Jim inspira deux fois avant de se donner le même courage et d'apposer sa signature auprès celle de son gendre.
Les yeux rougis, le visage ravagé par les larmes, Rick observait avec une douleur intenses les mots écrits sur le papier :
« arrêt des soins médicalisés de Madame Katherine Castle née Beckett. Refus de réanimer. Seuls les soins de conforts et d'hygiène sont autorisés »
Sentant la bile lui remonter au fond de la gorge, il sortit brusquement du bureau pour retrouver les toilettes pour homme, ou il régurgita son petit déjeuner tout en pleurant et se maudissant.
Comment avait-il pu perdre espoir ? Comment avait-il pu signer ça ?
Le retour dans la chambre de Kate fut le plus douloureux qu'il est eu à faire. Il culpabilisait pour ses actions, il culpabilisait de ne pas avoir pu empêcher l'accident, il culpabilisait de l'avoir laissé sortir ce jour-là, il culpabilisait pour tout….
Assis près de sa femme, il lui prit la main et se mit à pleurer en lui demandant pardon sous les yeux démunis de Jim:
-Pardon, Kate….pardon…. je suis désolé….je t'aime, chérie, je t'aime…je suis vraiment désolé.
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Deux semaines, plus tard
Endormis de son côté du lit sans déborder de celui de sa femme, Castle dormait. Il n'arrivait pas à rester endormi plus de quatre à cinq heures par nuit depuis l'accident mais depuis la signature d'arrêt des soins, son sommeil s'était encore plus de réduit.
Il avait l'impression d'avoir pris dix ans tous les matins. Ces cernes étaient de plus en plus difficile à masquer et son rasage laissait à désirer. Il déambulait tristement dans la chambre de Kate tous les jours en lui murmurant les mêmes mots :
- Allez, si tu dois te réveiller c'est maintenant…allez, Kate…
Les nuits étaient toujours les mêmes. Les cauchemars ne s'estompaient pas et la culpabilité grandissait d'heures en heures.
C'est donc complètement endormi, en boule sur un côté du lit qu'il se réveilla en sursautant en attendant la sonnerie de son téléphone. Les yeux somnolent mais les gestes vifs, il se releva brusquement le cœur tambourinant en reconnaissant la sonnerie de l'hôpital et répondit anxieusement au bout de quelques secondes :
-Castle
-Mr Castle , bonsoir, je suis désolée de vous appeler au milieu de la nuit mais vous devez vous rendre rapidement au chevet de votre femme.
-Qu'est-ce qui se passe? déglutit-il les mains tremblantes
-Je n'ai pas droit de donner de nouvelles par téléphone. Nous vous attendons dans sa chambre, monsieur.
-Est-ce qu'elle est…est-ce qu'elle est partie? pleura Rick en sentant un gouffre s'ouvrir
-Monsieur, vous devriez venir. Je suis désolée, je ne peux pas vous en dire plus à son sujet par téléphone, souhaitez-vous que j'en informe le deuxième contact sur la liste des appels? Il est notifié qu'il s'agit de Mr Beckett, son père ?
-Je…non…enfin….je ne sais pas, balbutia-il les mains tremblantes, le visage ravagé par les larmes.
-Mr Castle, vous…
-Appelez-le,…je serais là dans quelques minutes, l'interrompit Rick en raccrochant le cellulaire pour se laisser tomber au sol.
-Kate….mon dieu Kate….non, sanglota Rick en tombant les genoux sur le parquet tout en sentant la nausée le prendre.