Hello les gens ! Ça fait longtemps ! :)

Voici une nouvelle traduction avec Tom et Harry. Il s'agit d'un time travel. Je sais qu'il y en a beaucoup mais ce Tom ci est assez différent, l'auteure l'a plutôt vu comme un reclus social et l'histoire est sombre, amère et assez originale, elle fait onze chapitres au total. J'espère que vous aimerez.

L'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling. L'histoire est à The Carnivorous Muffin qui m'a aimablement autorisé à la traduire. Vous pourrez retrouver le lien vers la fic originale sur mon profil.

Bonne lecture !


Résumé : « Au cours de sa cinquième année, Tom Jedusor découvre son destin alors qu'il fait connaissance avec Harry Evans, un étudiant transféré au caractère froid et distant. Mais parfois tout ne se déroule pas comme prévu. » Voyage dans le temps. (Traduction)

The Unwinding golden thread

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"La vision du temps est vaste mais lorsque vous le traversez, le temps devient une porte étroite". - Frank Herbert.

« Un élève transféré ? » demanda Tom alors qu'il tournait la tête dans la Grande Salle pour chercher le garçon inconnu. Slughorn venait juste de lui dire, lors de la réunion des préfets, qu'il devait y avoir un transfert pour la cinquième année, un garçon qui avait été scolarisé chez lui, et qui était maintenant à Poudlard pour passer ses BUSE et ses ASPIC.

Tom n'avait jamais entendu parler de transfert auparavant, il pensait que c'était impossible, mais apparemment c'était simplement inhabituel. Ce n'est pas qu'il s'en souciait de toute façon, après tout ce n'était qu'un élève de plus, un autre visage à qui il décrocherait ses faux sourires.

Non, en fait, avec un nom de famille comme Evans, le nouvel élève était même moins que ça. Au mieux un sang-mêlé, au pire un sang-de-bourbe comme Tom, vu la façon dont les héritiers au sang-pur le traitaient. A l'âge de sept ans, la plupart d'entre eux avaient déjà mémorisé les grands arbres généalogiques anglais, et les traitres-à-leur-sang étaient également bien connus. Il était donc improbable que quiconque portant un nom de famille inconnu surgisse brusquement sans se faire remarquer.

Ses yeux se posèrent sur le blond Abraxas, la fratrie Black, les visages familiers des autres élèves puis trouvèrent finalement le nouveau.

Le garçon était mince, plus petit que la plupart de ses camarades, avec des cheveux sombres et des lunettes absurdement épaisses. Il était assis à l'autre bout de la table, presque à l'écart du reste du monde, et regardait la cérémonie de répartition avec une expression étrange sur le visage, qui mêlait indifférence, résignation, nostalgie...Tom tiqua, pourquoi de telles émotions alors que le garçon venait juste d'arriver ?

Le garçon semblait distant, sa posture raide et son visage obstinément détourné des autres. Il était évident qu'il ne souhait parler à aucun autre Serpentard malgré le fait qu'il était nouveau et sans amis, ce qui n'était pas plus mal puisque aucun d'entre eux ne semblait avoir envie de lui parler.

(Dès sa première année, Tom avait compris qu'il était différent et que jamais, jamais, il n'aurait besoin de personne. On pouvait dire qu'il avait été chanceux parce que la maison Serpentard n'avait pas été tendre avec lui. Tout ce que Tom avait eu, tout ce qu'il avait fait, il l'avait gagné, de gré ou de force. Et pour nombre de ses comparses, il avait fallu un certain temps et beaucoup de violence pour accepter le génie des sang-de-bourbe, Riddle.)

Malheureusement, en tant que préfet, Tom était l'exception à cette règle. Slughorn le lui avait dit de manière trop explicite, et même si ce n'avait pas été le cas, la réputation de Tom l'obligeait à s'ouvrir à ce garçon perdu.

Tom se glissa jusqu'à l'autre bout de la table et s'assit en face de lui, attendant en silence que la cérémonie de répartition s'achève pour en finir une bonne fois pour toute avec ça.

Il ne l'avait pas remarqué tout à l'heure, trop loin qu'il était, mais les yeux du garçon étaient d'un vert brillant, une intensité que Tom n'aurait jamais cru possible. Si ces yeux n'avaient pas été cachés par cette paire de lunette ridicule, ils auraient été encore plus marquant, et surtout encore plus déstabilisant.

Le garçon jeta un coup d'œil alarmé à Tom, puis son visage se ferma brusquement et il devint presque impossible de dire ce qu'il pensait. Il détourna les yeux presque trop vite et Tom ne put décrypter aucune de ses pensées sur son visage moulé dans du marbre.

Finalement le dernier élève fut réparti, Dippet prononça son discours de bienvenu et le repas commença. « Harry Evans, n'est-ce pas ? » s'enquit le préfet.

L'élève transféré se raidit, levant lentement la tête, le regard méfiant alors que sa main cherchait furtivement un de ses couverts, le couteau. Durant quelques secondes, Tom n'y fit pas attention, ce geste était si absurde, si irréaliste, puis quand il s'en rendit compte, ses yeux se plissèrent et il eut du mal à continuer à sourire.

Élève transféré...il aurait dû se dire que seul un fou retarderait son admission à Poudlard pendant cinq ans.

Il pourrait le dénoncer à Slughorn, ce ne serait que de la prudence, mais il n'avait aucune preuve, ce n'était pas comme si Evans avait fait quelque chose. Alors qu'il fixait toujours l'étrange garçon, Tom fut cruellement tenté de lui demander s'il était subtil de s'emparer d'un couteau au moment même où le préfet se présentait.

C'était aussi une action très moldue, un couteau et pas une baguette. Probablement parce que le couteau était à portée de main, et sa baguette quelque part dans sa robe. Mais cela montrait aussi qu'il était vraiment un sang-de-bourbe s'il avait instinctivement choisi cette arme.

Tom tendit la main, les doigts du garçon étaient toujours crispés sur la manche du couteau. S'il voulait être poli, il devrait renoncer à l'idée de poignarder Tom dans un espace public. Non pas que Tom pensait qu'il le ferait, les enfants n'était pas si impitoyables. La plupart des gens ne l'étaient pas. Oh, beaucoup voulaient abattre les sang-de-bourbe ou poignarder Tom pour s'en débarasser, mais dès lors qu'on les bousculait, dès lors qu'on les provoquait un peu ils se défilaient. Mais quelque soit le problème de Evans, il ne serait pas capable d'aller jusqu'au bout.

Avec réticence, la garçon desserra les doigts et saisit la main de Tom. Quelque chose attira son attention : des mots gravés sur sa peau.

Je ne dois pas mentir.

Il fut très tenté de garder leurs mains ainsi, de relire cette phrase et de demander pourquoi de tels mots avaient été imprimés dans sa chair et pourquoi la magie n'avait pas pu les supprimer.

Il observa soigneusement Evans qui grimaça, apparemment conscient de ce que Tom avait surpris.

« Tom Jedusor, préfet de Serpentard » se présenta Tom avec un sourire cordial tout en combattant la colère irrationnelle qui montait en lui.

Ce n'était pas vraiment irrationnel ceci dit, la première réaction du nouveau avait été de s'emparer d'un couteau, ce qui était sacrément offensant quand on y réfléchissait. Bien sûr, Tom pouvait gérer Evans, mais franchement que pensait-il faire ?

Le couteau, les mots inscrits dans sa peau, il y avait quelque chose qui n'allait pas avec Harry Evans.

« Je sais, le professeur Slughorn me l'a dit quand j'ai été envoyé à Serpentard ». Sa voix était, eh bien, assez agréable à entendre bien qu'un peu froide. Cependant, la façon dont Evans s'était exprimée donnait l'impression qu'il récitait une leçon. Il n'y avait aucun enthousiasme, aucune émotion derrière ces mots, comme s'ils avaient été soigneusement calculés.

Comme si chacun des deux garçons adaptait ce qu'il disait en fonction de la réaction de l'autre. Comme des acteurs en somme.

Quelque part, c'était assez ironique, celui qui jouait ce rôle d'habitude c'était Tom. Celui-ci sentit son sourire vaciller, Evans aurait pu au moins lui montrer le respect qu'il méritait.

Et bon Dieu, pourquoi avait-il eu pareille réaction ? Pourquoi vouloir poignarder Tom ? Et d'ailleurs, avait-il vraiment voulu le tuer ou bien avait-il simplement voulu attirer son attention ?

L'humeur de Tom s'assombrit, il devrait essayer d'arrêter de trop se focaliser là-dessus.

« Vraiment ? C'est vrai que le directeur de notre maison se montre parfois très bavard. C'est moi qui te ferais visiter le château. Si tu as besoin de quoi que ce soit, sache que tu pourras toujours venir- »

« Ça ira » l'interrompit le garçon.

Tom cligna des yeux tandis que son sourire s'effacer. Evans l'avait interrompu, comme s'il avait su depuis le début que le préfet n'en n'avait strictement rien à faire qu'il se perde ou qu'il ait des amis. Ce Tom ci, ce Tom de façade qu'il avait présenté et perfectionné depuis des années, n'avait aucune prise sur Evans.

Evans leva les yeux vers lui et Tom reconnut sans l'ombre d'un doute l'expression qui traversa son visage, c'était du mépris. Un mépris total pour tout ce qu'il était, tout ce qu'il représentait et tout ce qu'il pouvait espérer atteindre dans la vie.

« Je vois » fit Tom, d'une voix plus froide qu'il ne l'aurait voulu, mais Evans ne parut même pas remarquer la différence.

« Dans ce cas, souviens-toi que si jamais tu as besoin d'aide, tu peux toujours me trouver » répéta-t-il d'une voix douce, même s'il était clair que si Evans avait besoin d'un coup de main, il ne viendrait jamais le voir.

Debout près du banc, sur le point de rejoindre ses pairs, pour être une fois de plus ignoré à cause de son manque de richesse et de pédigree, il regarda une dernière fois son nouveau camarade de classe.

Ce n'était pas l'héritier d'une famille de sang-pur, il était différent d'Abraxas Malfoy. Il y avait quelque chose qui n'allait pas chez Harry Evans et Tom n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Dangereux, lui chuchotait son esprit.

Un garçon de quinze ans, dangereux ? Non, c'était invraisemblable. Déséquilibré, oui, mais dangereux, certainement pas.

Sur ces pensées, il s'éloigna, sentant le regard de Evans rivé sur sa nuque, et il décida ne pas le lui reprocher. La dernière chose dont Tom avait besoin était de s'intéresser à une personne aussi insignifiante que Harry Evans.

OoOoOoOoOo

Bien que Tom se soit presque forcé à ignorer le nouveau, une habitude qu'il partageait avec les autres Serpentard, il ne put s'empêcher de remarquer les manies étranges du garçon.

Ce n'était pas comme si le garçon se montrait discret. C'était vraiment incroyable qu'il soit à Serpentard, parce qu'il semblait dédaigner chaque Serpentard qu'il pouvait croiser. Chaque fois qu'Abraxas et compagnie parlaient de pureté, d'ambition, de ruse, Tom voyait la façon dont le regard de Evans se durcissait et dont ses lèvres se contractaient comme si elles réprimaient un ricanement.

Evans ne fournissait pas le moindre effort pour se faire des amis, s'adressant plutôt à des élèves issus des autres maisons. Tom l'avait plusieurs fois surpris en train d'essayer d'étudier avec la préfète des Gryffondor, Minerva McGonagall, pour tenter de comprendre son point de vue sur le quidditch, et elle était sensible à ce sujet. Pourtant, elle restait méfiante, ce qui était compréhensible avec un Serpentard surgi de nulle part qui tentait désespérément de devenir son ami.

Tom l'avait aussi surpris en train de parler avec Hagrid, le demi-géant de Gryffondor, celui qui élevait des créatures dangereuses sur le terrain de l'école. Un de ces jours, l'une d'entre elles blesserait ou tuerait quelqu'un. Et à ce rythme, Evans serait probablement la première victime. Ce ne serait pas une grande perte. Tom ne savait pas s'il était ignorant ou simplement stupide, mais souvent il voyait par la fenêtre Evans pendu au bras du demi-géant.

Pourquoi ces deux Gryffondor en particulier, se demandait le préfet. Et pourquoi Gryffondor ? Y avait-il quelque chose de fondamentalement mal avec Serpentard ?

C'étaient des questions qui commençaient à l'obséder. Pourtant le garçon, en dehors de ça, ne présentait pas un grand intérêt.

Même s'il y avait des bizarreries chez lui qui n'avaient pas échappé longtemps à la perspicacité de Tom.

Evans était un insomniaque. Tom l'avait trouvé plus d'une fois dans la salle commune, à une heure tardive, les yeux fixés sur le feu de la cheminée comme s'ils voyaient des fantômes. Dans ces moments-là, il se faisait facilement surprendre et Tom avait appris à annoncer sa présence, avant de se retrouver face au regard paniqué du nouveau et à sa baguette magique.

Evans était rapide et habile avec les sorts. Très bon en duel, et si Tom était prêt à ravaler sa fierté, il pourrait même admettre que le garçon pourrait lui donner du fil à retordre en défense contre les forces du mal. Ce n'était pas qu'il connaissait une grande variété de sortilèges, bien au contraire, les sorts que Evans utilisaient étaient ordinaires et bien connus, mais le garçon était rapide. Les mots sortaient de sa bouche avant même que son adversaire n'ait eu le temps de réfléchir.

On pouvait le trouver à la bibliothèque, avec des livres que Tom n'avait jamais pris la peine de feuilleter. Des essais très avancés sur des sujets obscurs et presque moldus. Des sujets tels que le temps, l'espace, l'énergie, qui n'attiraient pas vraiment. Et pourtant à chaque fois qu'il surprenait Tom en train de regarder par-dessus son épaule, Evans refermait aussitôt le livre, comme s'il venait de révéler un terrible secret.

Et chaque fois que Tom et lui se croisaient, chaque fois qu'ils étaient contraints de se regarder, il y avait toujours ce mépris inexpliqué qui brûlait dans les iris d'Evans. Et à chaque fois, c'était déconcertant et profondément irritant, car Tom avait l'impression d'être mis à nu devant cet élève à peine plus âgé que lui.

C'était ce genre de regard que Tom envoyait au monde qui l'entourait, et particulièrement à ceux qui ne seront jamais à sa hauteur. Seulement, le regard d'Evans était réservé à lui seul.

Evans ne disait jamais rien d'intéressant dans ce moments-là, ne fournissait aucune explication et ne s'aventurait jamais vers une conversation réelle. « Oui », « Non », « Bonjour Jedusor, comment vas-tu aujourd'hui ? ». De petites conversations tout juste monosyllabiques.

Ce qui était insultant et plutôt humiliant, mais Tom avait d'autres chats à fouetter. D'un autre côté, le cas Evans était assez rafraîchissant.

Evans savait que Tom faisait semblant et ce dernier n'avait plus à jouer la comédie quand ils étaient seuls.

C'était étrangement libérateur.

Et peut-être que s'il avait eu le temps, il se serait davantage concentré sur Evans. Après tout, le nouveau avait sa part de mystères, mais ce serait une année importante et bientôt il acquérait une position qui lui permettrait de s'occuper de sang-de-bourbe comme Evans.

Parce qu'au début de sa cinquième année, il avait découvert ce que Dumbledore n'avait jamais pris la peine de lui dire. Un secret qui pourrait tout changer, un secret qui pourrait le libérer de ses chaînes.

Il avait appris dans un livre plutôt banal que le Fourchelang était plus qu'un tour de passe-passe, qu'il s'agissait en réalité d'une magie héritée de Serpentard lui-même.