Dieu est mort

Dieu est mort ?

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Quatre cents ans auparavant.

Le flou. Un seul mot pour définir son état d'esprit.

Elle était dans le flou pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de trouver ça rassurant. Rien n'existait, rien ne venait la pertuber. Elle était et cela lui suffisait.

Cependant, quelque chose vint perturber cette atmosphère protectrice.

Une note de musique.

Cette note, d'abord solitaire, fut rattrapée par de nouvelles. Elles se poursuivaient, s'affrontaient, se courraient après pour se mélanger et lorsqu'on pensait les avoir toutes retrouvées, c'était pour mieux disparaître sous l'éclat d'une note les détruisant toutes pour mieux les reconstruire dans une fresque guerrière sans fin. Il n'y avait aucun gagnant, seulement des perdants.

Elle entrouvrit un oeil et le vit. Un nom, un seul pour la pire plaie couvrant la terre. Juubi.

Il se tenait derrière un piano. Par conséquent, elle ne pouvait voir ses doigts dansant sur le clavier mais n'avait aucune difficulté à l'assimiler au musicien.

Il était vêtu de vêtements indéfinissables, leurs formes et leurs couleurs variant au gré de la musique. Une seconde, il portait un yukata, celle d'après, des vêtements typiquement occidentaux.

« Je pense que tous les méchants dignes de ce nom devraient savoir jouer du piano, dit-il sans détacher les yeux du clavier »

La future Kyubi remarqua alors qu'elle se trouvait dans un lit.

Elle portait les mêmes vêtements que la veille mais il y avait un je-ne-sais-quoi dans leur odeur qui leur donnait l'impression d'être neuf. Ou très vieux.

« Tu ne devrais pas être ici, murmura-t'elle. »

Juubi ignora superbement ses paroles, continuant de faire virevolter ces doigts avec une aisance rare. Le rythme de la musique ralentit, pour laisser place à quelque chose de plus mélancolique.

« Je le sais bien, ma très chère. Et pourtant, je me tiens devant toi, aussi réel que pourrait l'être un démon séquestré dans une demeure de pierre. »

Elle fut rassurée. Juubi n'était pas libre. Il était là, mais sans pouvoir, tout juste aussi puissant qu'un rêve.

« Nous sommes dans mon rêve ? demanda-t'elle.

- Oui et non. Nous sommes dans un rêve effectivement mais dans le mien. Un rêve vieux de 500 ans. C'est long tu sais.»

Sa dernière phrase avait une pointe de reproche teinté d'ironie.

« D'autant plus long que le rêve n'obéit pas aux lois du temps. Il peut durer une éternité ou bien s'évanouir comme la flamme d'une bougie. »

La future Kyubi détailla la pièce dans laquelle elle se trouvait. Par-delà les baldaquins, reliquat du lit dans lequel elle dormait, elle cherchait à en déterminer les dimensions. C'était impossible, l'obscurité allant en croissant au fil des mètres.

« C'est toi qui m'a fait venir ? demanda-t'elle.»

Il secoua le tête.

« Oh que non, ma chère et tendre. C'est toi qui est venu à moi. Mais cela n'a rien d'étonnant. Le temps doit te paraître aussi long qu'à moi. Et avec qui d'autres peux-tu passer cette délicieuse attente ? Tu n'as que moi. Je suis le seul de ton époque à être encore en "vie". Mais rassure toi, cette attente prendra fin un jour ou l'autre. Et alors, encore une fois le ciel se couvrira les yeux pour ne pas voir notre affrontement, aux allures d'ébats et finalement, nous réglerons notre vieille discorde. D'ailleurs, pourquoi je dis notre ? De nous deux, tu es la seule à ressentir de la haine. Une haine que je ne m'explique pas. J'ai tué de nombreuses personnes et j'avoue leur porter suffisamment de respect pour oser me souvenir de leur visage. Cependant, je n'ai tué personne que tu connaissais. - Il marqua une pause et son sourire s'élargit - Du moins, je n'ai tué personne que tu connaissais avant que tu ne te décides à te soulever... Comment s'appelait-il déjà ? Taishigi si je ne m'abuse. Un homme très capable et digne de ton amour. Quelqu'un je n'oublierais pas. »

La future Kyubi ne répondit pas, se contentant de lui lancer son regard le plus noir. Eut-elle été plus jeune de quelques siècles, elle lui aurait déjà sauté à la gorge avec l'intention de lui trancher la carotide. Mais elle n'oubliait pas qu'elle était dans son rêve à lui, dans son monde, et tentait quoi que ce soit s'apparentait à un suicide.

« Vois-tu ma chère, les passes que j'ai en ce monde sont rares. La musique est l'un d'eux mais depuis que l'on m'a privé de ce plaisir si humain qu'est la chair, je ne sais comment occuper mes nuits. C'est pourquoi j'ai troqué le sexe pour un autre plaisir de chair. »

La musique commença à monter dans les aigus à coup de dissonance tant et si bien que l'on aurait pu croire à de fausses notes si elle ne mettait pas mal à l'aise d'une façon si exquise.

Derrière Juubi, la pièce s'éclaircit jusqu'à dévoiler un mur d'un drôle de teinte. La future Kyubi mit sa main devant de sa bouche pour étreindre le cri qui commençait à en sortir.

« Ma douce et tendre, lorsque tu m'as emprisonné, ce n'est pas seulement qui est été emporté par-delà le temps et l'espace mais aussi tout ceux autours de moi. Et parmi eux, il y avait le seul et unique Taishigi.

« Je me souviens encore de lui, s'accrochant vaguement à ma jambe, ne tenant que par la force de sa volonté, te suppliant de t'envoyer le sortilège. Et toi, tu étais face à nous, ton si beau visage couvert de larme, incapable de bouger.

« Pendant un instant, j'ai cru que tu ne pourrais pas, que tu n'oserais pas donner raison au sacrifice de cet homme qui avait tout donné... Tout pour que tu puisses réussir.

« Et c'est alors que je pensais que le combat se terminerait de cette façon si grotesque, avec toi si proche de la victoire et incapable de t'en saisir, que tu m'as emprisonné. Moi et la cinquantaine de cadavres à mes pieds. »

Ses deux mains s'écrasèrent sur le clavier dans un crissement monstrueux.

« Je crois que la première chose que j'ai faite pour passer le temps est de m'essayer au métier de tanneur, me laissant porter par l'instinct de l'équarrisseur . »

Elle ne put s'empêcher d'imaginer Juubi se servant de ses ongles pour pénétrer la peau de Taishigi, et tout le sang-froid dont elle avait fait preuve jusqu'à présent s'évanouit. Elle lui bondit dessus, l'arrachant à son piano et le projeta au sol.

Deux crocs apparurent dans sa bouche et elle s'empressa de les planter dans la gorge de Juubi.

Ce dernier, sans prêter attention à la morsure et à Kyubi qui l'écrasait de tout son poids, continua de parler d'une voix monocorde :

« J'avais gardé Taishigi pour la fin, commençant par les... mes démons qui avaient osé s'opposer à moi leur créateur, réussissant là où moi je n'avais osé m'aventurer. »

Il se tut, seuls les grognements de Kyubi s'échinant à lui percer le coup brisant le silence.

« J'ai voulu arracher de la peau de Taishigi mais va savoir pourquoi, j'en ai été incapable. Je ne sais pas pourquoi, il m'était intolérable de le faire.

« Au départ, je pensais que c'était parce que je le respectais mais je me suis rendu compte que ce n'était pas ça. »

Il saisit la future Kyubi par la gorge et la renversa sur le sol, la forçant à le lacher, puis il monta à califourchon sur elle et se pencha en avant, à quelques centimètres de son visage, sa main toujours sur sa trachée. Il plongea son regard ardent dans les yeux de la démone.

« C'est à cause de toi si je n'en suis pas capable. À cause de ce qu'il représente pour toi, à cause de ce que je ressens pour toi

« Depuis que tu es démone, j'ai l'impression qu'une vide s'est créé en moi, un vide que seule toi peut réussir à combler. Oh, je me sens las et je suis triste, je suis triste, je suis triste. Moi qui ne suis qu'un démon, voilà que je me mets à parler comme un humain.

« Dans un monde dans lequel je me sens tout puissant, tellement fort que je le traverse à toute vitesse, depuis que je t'ai rencontrée, tu m'as fait me sentir faible, vieux et fatigué. Tu as arrêté le monde et tu l'as détruit. Tu m'as rendu faible. Et pire encore, tu m'as donné un coeur. »

Il saisit sa main à elle et la posa sur le côté droit de son torse.

« Avant il n'y avait rien. Quand tu m'as enfermé ici, ce n'était que du vide, qu'un trou béant que tu avais toi-même creusée. Et puis j'ai commencé à sentir quelque chose, pourtant pas du bon côte mais il était là. Sens le qui bat en moi. Au départ ce n'était rien. Mais plus le temps passé loin de toi allait en croissant, plus il a grossi. Sens le, écoute les battements de cet enfant non désiré que tu as fait naître. Moi qui n'ai jamais haï ou aimé quelqu'un, plus je te hais et plus je t'aime, plus il grossit. Et pourtant, tu as fait pire encore.

« Tu as éveillé en moi des envies de rébellions, tu m'as fait douté de la volonté du tout puissant, tu m'as fait douté de tout. Et depuis que je suis ici, je n'ai qu'une envie... Sortir pour mettre à bas ce monde et le Dieu que le gouverne. Moi aussi je veux être libre. Moi aussi je veux m'affranchir de toutes les règles. Et pour ça, je suis prêt à tout. À tout. Et encore à tout. »

Il posa ses lèvres sur celle de la future Kyubi puis se releva promptement, et lui tourna le dos, faisant comme si rien ne s'était passé.

« Je te hais, cracha t'elle. »

Il ne se retourna pas.

« Je sais et cela me suffit. Va t'en. Et oublie tout ce que je viens de dire. Ce n'était que divagations de ma part. Te sentir à mon contact m'a fait perdre les sens.

- Je te tuerais. »

Cette fois il se retourna et sourit.

« Tu essaieras mais tu n'y arrivera pas. Tout est déjà prévu. Même ma date de sortie est programmée par cette petite prophétie de mon cru. »

Lorsque le renard aura rejoint sa prison

Lorsque les fleurs de cerisier apparaîtront

Lorsque l'éventail ne soufflera que la haine

Lorsque les trois m'auront fait part de leur peine

Par leur sang et par leur larme je revivrais

une nouvelle ère pour l'humanité je créerai

Enfant de la frayeur et de la colère

Le dixième démon aura rejoint la Terre.

-¤ 2 ¤-

Hishiki soupira.

Elle se trouvait devant, prête à être consommée. Pour sa princesse, tel un chevalier servant, il avait occis les kidnappeurs et maintenant, comme dans tout bon conte, il s'apprêtait à embrasser sa belle pour la réveiller, même si ce n'était pas de baiser dont il était question.

Pourtant, quelque chose lui manquait. De l'envie. Quelque part, il se sentait repu, comme si la partie de jambe en l'air venait de s'achever.

Le combat qu'il avait mené avec les deux autres l'avait rassasié et il ne se sentait pas de remettre le couvert. Du moins pas dans l'immédiat.

Il se tourna vers Juubi. Il conversait avec Sakura et venait dans sa direction ou plus précisément, vers l'homme insecte à quelques mètres de lui.

« Juubi ? l'interpella-t'il. »

Le démon le fixa.

« Plaît-il ?

- Est-ce que je peux la garder pour plus tard ? »

Juubi pencha la tête sur le côté, le regard interrogatif.

« C'est que... bafouilla Hishiki. Tu sais, le combat m'a un peu coupé l'appétit. »

Le démon acquiesça.

« Si ce n'est que ça, pas de soucis. Je craignais que la fille ne soit plus à ton goût.

- Oh non, à ce niveau là, pas de soucis. Elle est parfaite. »

Juubi l'ignora et reporta son attention sur leur destination à savoir un Aburame mal en point et un Lee peu efficace.

Sakura s'accroupit face à Shino et commença par poser sa main sur son poignet à la recherche de son pouls. Ensuite elle colla sa joue sur ses lèvres pour rechercher son souffle, étant incapable de l'entendre avec la pluie qui tombait. Enfin, elle inspecta son corps à la recherche de différentes blessures.

Le corps était plus ou moins intact à l'exception de quelques ecchymoses de rigueur après un combat.

Elle lui ouvrit les pupilles et vit que son oeil droit était anormalement dilaté.

Sa première pensée fut pour un hématome extra-dural. Elle inspecta la tempe et trouva ce qu'elle cherchait en palpant. Une légère fissure sur l'os en avant et au-dessus de l'oreille.

La méningée moyenne doit être sectionnée.

Elle apposa sa main et une lueur rose commença à apparaître. Les os commencèrent à se ressouder et l'artère méningée moyenne cicatrisait mais tout ça n'était qu'une partie de la solution.

La poche de sang qui s'était créée et qui comprimait son cerveau n'avait pas disparu. Et le seul moyen de la retirer était de passer sur une table d'opération et de percer dans la boîte crânienne, les jutsu de soin n'ayant pour vocation que d'accélérer la cicatrisation.

« Les techniques de soin ont bien évolué depuis mon époque mais vous êtes encore loin de mes pouvoirs à ce que je vois, commenta Juubi. »

Sakura lui décocha un regard noir avant d'ajouter :

« Je vais voir Lee. »

Sans attendre son approbation, ni même vérifier qu'il la suivait, elle descendit la petite pente et s'approcha de Lee.

Elle s'accroupit, répéta les mêmes gestes que précédemment, s'immobilisa et recommença avec un peu plus d'empressement.

Elle posa son oreille sur sa cage thoracique, à la recherche d'un quelconque battement de coeur, n'en trouva pas.

Immédiatement, ses mains se réunirent, paume contre dos, les doigts s'entrelaçant. Une lueur rose les illuminèrent et elle commença à forcer sur la cage thoracique.

Putain, me lâche pas Lee.

Elle ne lui fit pas de bouche-à-bouche comme le recommandait la dernière circulaire de l'hôpital, le plus important n'étant pas l'oxygénation mais de maintenir la perfusion (à l'exception des noyades ou des ninja ayant abusé sur les stupéfiants telle que la cindine).

Ses mains se mirent vers la partie basse du sternum et elle commença à abaisser ses épaules, ponctuant chacun de ses mouvements d'une expiration brève.

Juubi la regarda s'escrimer, le visage fermé. Il savait que c'était vain. L'âme avait déjà quitté le corps et il ne restait plus rien à sauver si ce n'était qu'une carcasse vide. Et en admettant que lui, le démon millénaire ait tort, que pourrait elle faire au milieu de nulle part.

Vain. Tout cela est vain.

Et ces mots lui relancèrent en plein visage l'absurdité de sa quête.

Qu'espérait-il vraiment ? Qu'attendait-il de son improbable rencontre avec le créateur ?

Il sourit. Tout, il attendait tout.

Telle la liberté rencontrant le contexte, il tomberait sur une barrière infranchissable. Il pousserait le contexte le concept de sa propre existence jusqu'à son paradoxe pour mieux pouvoir la délimiter et mieux s'en échapper. Il détruirait les carcans de sa propre existence pour pouvoir les rebâtir un peu plus loin et lorsqu'il aurait fini par s'y habituer, il recommencerait. Il aurait accès à tout. À beaucoup plus que tout, et pour finir, il n'aurait rien. Rien sauf l'assurance d'être vivant, d'avoir détruit sa condition de démon.

Et alors, il serait Dieu, son propre créateur et sa propre vie lui appartiendrait.

Il pourrait enfin la retrouver, vivre dans le même univers qu'elle, être son égale. Viendrait alors la réponse et lui appartiendrait car il aurait tout donné et n'aurait rien à perdre.

Il inspira profondément. Pour la première fois depuis une éternité, il se sentait bien. Juste bien. La fin de son calvaire était proche.

Il reporta son attention sur Sakura et la vit, le visage baigné de sueur.

« Arrêtez... murmura-t'il en posant sa main sur son épaule. Il n'y a plus rien à en tirer et vous, la medic-nin de renom, le savez bien. Il est mort. La seule chose que vous pouvez faire maintenant est de prier... Si tant et si bien que cela est un sens.»

Elle se dégagea de son étreinte d'un mouvement d'épaule et continua sans prêter attention au propos de Juubi. Pourtant, il avait raison, et elle savait. Alors pourquoi était-elle incapable de s'arrêter ? Pourquoi allait-il falloir qu'elle continue de faire le même mouvement jusqu'à ce que ces épaules soient incapables de faire le moindre mouvement ?

Lee n'avait pas le droit de mourir, pas devant ces yeux, pas alors qu'elle faisait tout ce qu'elle pouvait. Parce que si Lee mourait, quelque part, ça serait de sa faute.

Si quelques semaines auparavant, elle ne s'était pas faite capturer, Juubi ne serait jamais revenu, cette guerre n'aurait pas eu lieu et Lee serait toujours vivant.

Si le ninja vert venait à mourir, elle se sentirait responsable. Infiniment responsable et elle n'avait pas à coeur de l'accepter. Et pourtant, elle avait beau s'escrimer, elle sentait la vie de Lee s'échappant comme du sable entre ses doigts. Et plus elle forçait, plus le sable venait à s'en aller.

Des larmes de frustration, d'énervement, d'une colère froide emmagasinée depuis quelques temps déjà coulèrent sur son visage.

Tout était de sa faute. Si elle n'était plus là, Naruto n'aurait aucune de ne pas s'opposer à Juubi. Si elle mourrait, le monde serait sauvé.

Son oeil captura l'image d'un kunaï a la ceinture de Lee. Si elle s'en saisissait à l'instant et se le plantait dans le cou, tout serait fini.

« Je sais à quoi vous pensez ma très chère. Mourir est effectivement un moyen d'aider beaucoup de monde. Cependant, vous ne devez pas oublier que quelque soit la blessure que vous vous infligez, je serais à même de vous sauvez pour vous empêcher de mourir. Vous n'avez aucun échappatoire alors acceptez-le. Vous vivrez quoi qu'il arrive... - Il marqua une pause. - Et puis, je trouve qu'il est extrêmement lâche de vouloir mourir pour refuser d'affronter les conséquences. Lee est mort devant vous et c'est un poids qu'il vous faudra porter pendant tout le reste de votre vie. Mais c'est ainsi. Certains vivent, d'autres meurent. Et c'est au vivant de porter le poids des morts. C'est dur mais vous vous y ferez. Je connais certaines personnes qui portent un poids bien plus lourd depuis bien plus longtemps. Et jamais elle se défilera. Jusqu'au bout elle avancera pour faire ce qu'elle doit faire. Et s'il y a bien une chose que je reconnais aux humains, c'est leur capacité à accepter les malheurs et à continuer d'avancer...

« Votre très cher Naruto en est un parfait exemple. L'avez-vous déjà entendu parler de son enfance solitaire ? Vous a-t-il déjà reprochée votre comportement lorsque, plus jeune, vous vous joigniez aux autres pour en faire un paria ? Pourtant, de nombreux hommes sont faibles et n'hésitent pas à partager leur peine à monts et marées alors qu'il leur faudrait mieux la conserver, la cultiver et ne laisser personne la voir. Alors arrêtez de pleurer, de vous lamentez et pensez à Naruto. Lui est fort alors la moindre des choses est que vous le soyez à votre façon . De toute façon, vous n'avez pas d'autre solution. »

Sakura ferma les yeux, un goût amer dans la bouche. Encore une fois, Juubi avait raison et l'humiliait d'autant plus.

Elle n'avait aucun pouvoir. Elle n'avait même pas d'emprise sur sa propre vie. Elle était venue dans l'espoir d'aider Temari, pour ne pas que Naruto salisse son âme par omission mais c'était pour mieux retomber entre les pattes de Juubi.

Elle arrêta le massage cardiaque. C'était inutile. Lee était mort. Un dingue de moins sur cette terre et tout à coup, la plue lui parut encore moins supportable que d'habitude.

Pourtant, elle allait devoir faire avec, accepter que son souvenir lui soit douloureux un temps. Elle allait porter sa mort et avancerait. Parce que, comme le disait Juubi, c'était une chose dans laquelle l'Homme excellait.

Ses larmes se tarirent, prêtes à jaillir plus tard. Elle savait ce qu'elle allait faire. Quoiqu'il arrive, il fallait que Naruto soit libéré de son pacte.

Juubi entendit des bruits de pas en hauteur et se retourna.

Naruto venait d'arriver.

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Le blondinet portait nonchalamment Sasuke sur son épaule. Il le laissa tomber par terre sans lui accorder la moindre attention. Un grognement rauque très peu Uchiwesque s'échappa de ses lèvres et Juubi croisa brièvement le regard ébène de l'Uchiwa.

Sakura se retourna à son tour et les aperçut. Elle leur en voulut d'apparaître et de se jeter dans la gueule du loup mais aussitôt, ce ressentiment disparut et elle voulut courir dans leur direction pour les serrer dans ses bras pour, et de façon tout à fait égoïste, se délestait d'une partie de sa souffrance mais elle se retint in extremis.

Elle refusait d'offrir ce plaisir à Juubi. Elle serait forte dans les moments difficiles et se laisseraient à la faiblesse quand les temps lui permettraient.

Néanmoins, alors qu'elle commençait à se diriger vers eux, Juubi l'arrêta du plat de la main.

« Et bien mon très cher Naruto, je vois que tu as accepté ma requête sans montrer trop de réticence. J'admet être surpris par la facilité avec laquelle tu m'as obéi alors que tu avais Sakura avec toi et toute latitude pour t'enfuir. Je ne mentirais en disant que je suis presque déçu mais qu'importe. Tu m'as apporté un Sasuke dans un état pitoyable pourtant, cela doit plus être l'oeuvre de son frère que la tienne. Me voilà bien embêté maintenant. Je ne sais pas trop quoi en faire... Enfin bref. Laisse le donc là où il est et viens dans ma direction je te pries. »

Naruto s'exécuta et s'approcha. Naruto captura le regard de Sakura. Dans ses yeux brillait la détermination que Naruto avait craint depuis qu'il avait fait le contract. Elle voulait en finir. Il inspira profondément et lui fit un hochement de tête imperceptible. Au même instant, il y eut une puissante déflagration à une dizaine de mètres.

Le bruit de l'explosion était assourdissant même si en soit, l'explosion n'était pas bien puissante. Elle souleva un large nuage de poussière, dissimulant tous les protagonistes. Elle finit par s'évanouir pour finalement dévoiler un Naruto portant Sakura dans ses bras, en hauteur juste à côté de Sasuke.

Il pleuvait encore. En réalité, la pluie n'avait pas cessé depuis qu'elle avait commencé à tomber. Pourtant, tous l'avaient oubliée pour ne s'en souvenir qu'à cet instant.

La température avait chuté de quelques degrés, la journée se fondant doucement dans une nuit de printemps.

Dans l'air se mélangeaient de nombreuses effluves, la plus prégnante étant celle de la pluie, véritable mutation olfactive du concept d'humidité. On pouvait aussi y déceler l'odeur du sang, de la mort, de l'urine. Moins prononcées, plus pugnaces, elles assombrissaient une atmosphère bien noire.

Sakura, trempée, se tenait dans ses bras. Son corps était froid. Il pouvait la sentir ses bras autours de son cou. Pourtant, et bien que cela ait des allures d'illusion, il ne se lassait jamais de la sentir près de lui, de pouvoir goûter à son odeur de cerise.

Naruto ne voulait pas penser à ce qu'il allait devoir faire pour pouvoir sauver le monde.

Ce fut elle qui prit l'initiative. Elle se pencha en avant et colla ses lèvres sur son oreille.

« S'il te plaît... murmura t'elle d'une voix rauque. »

Il acquiesça et de sa main droite, se saisit de l'un des kunaï tenant dans sa réserve, comme toujours attaché à sa cuisse.

Plus loin, Juubi comprit trop clairement de quoi il était question :

« NARUTO ! hurla-t'il au loin. Je comprends très bien ce que tu es en train de faire. Et je te le déconseille ! »

Le blondinet eut un mince sourire. Il ne faisait que lui donner un conseil et non un ordre.

Il paracheva son geste et posa le kunaï dans l'une des mains de Sakura. Elle savait ce qu'il lui restait à faire.

Au départ, Juubi avait regardé la scène d'un oeil amusé. Disons qu'il s'était attendu à quelque chose de ce goût depuis pas mal de temps. Cependant, le spectacle n'était pas censé se dérouler comme ça. Sakura aurait dû le supplier, Naruto aurait dû dire non, s'en serait suivi un ping-pong verbale se concluant sur le refus de l'Uzumaki. Naruto n'aurait pas dû dire oui avec une telle aisance. Il aurait dû refuser quoiqu'il arrive. Ça ne collait pas avec son caractère. Pourtant, les faits étaient là et son analyse obsolète.

Il avait été trop arrogant, trop sur de lui. Le petit monologue adressé à Sakura sur la facilité avec laquelle il l'empêcherait de mourir n'était que du bluff, une barrière psychologique de plus qu'il avait dressé pour la garder en son pouvoir.

Si à cet instant, elle décidait de se trancher la gorge, il ne pourrait rien. Ces pouvoirs de régénération étaient puissants, bien plus que n'importe quel humain mais elle nécessitait la volonté du blessé pour qu'ils puissent agir. Jamais il ne pourrait arriver à temps. Et Naruto s'interposerait sans le moindre doute, gagnant un temps qu'il n'avait pas.

Il lui fallait une idée, la plus rapide de son existence. Si ce kunaï achevé sa course alors il ne tiendrait pas la part de son contrat et serait condamné à retrouver les barreaux de sa prison.

Et ça, il ne pouvait l'accepter, pas alors qu'il était si proche de son but, pas alors qu'il touchait le ciel du doigt.

C'est alors que l'idée lui vint.

« Naruto , je t'interdit de la laisser faire ça ! »

Un imperceptible rictus agita le visage de Naruto.

C'était sa solution, la seule qui pouvait le sortir de ce pétrin. Si Sakura se tuait, ce serait après que Naruto ait désobéi à un ordre et donc, ce serait le blondinet qui aurait rompu le contrat en premier. Sakura serait morte et lui toujours là.

Au même moment, Sakura se trancha la gorge et une gerbe de sang vint barbouiller Naruto, plus pâle qu'à l'accoutumé.

Sans vraiment comprendre pourquoi, Juubi était content de ce qui venait de se passer. Naruto était libre. Kyubi aussi. Ainsi ils allaient pouvoir reprendre cet incroyable tango qu'ils avaient presque neuf cents auparavant. Une fois qu'ils les auraient étalés, lui au sol, elle dans sa couche, il serait à deux doigt de la toucher ou de la tuer.

Il était heureux, aurait dû le rester. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de ressentir un goût amer dans la bouche, un goût de tromperie.

Il avait passé des siècles à tuer des gens, à les enfourner dans sa mâchoire, à les disséquer, à les trancher, à se repaître de leur sang.

Par conséquent, il savait comment le sang marquait les vêtements. Et Naruto ne pouvait le tromper. À cela s'ajouter la fumée, l'impassibilité de Naruto.

Il sourit. Il avait bien failli se laisser avoir. Il se détourna quelques secondes de Naruto pour fixer le sol à quelques mètres de lui et trouva l'irrégularité qu'il cherchait.

« C'est dommage, marmonna t'il. Aurais tu été meilleur comédien et Sasuke meilleur illusionniste, je m'y serais laissé prendre.

- Que... Qu'est ce que vous voulez dire... tenta Naruto. »

Juubi secoua la tête d'un air déçu et fit quelques pas en arrière. Il s'arrêta devant une fine dépression, y enfonça son bras jusqu'à l'épaule et saisit ce qu'il cherchait. Il la ressortit d'un mouvement assez lent avant de dévoiler sa surprise.

Sakura était tenu par les cheveux et tentait vainement de se débattre sans parvenir à toucher le démon. À sa grande surprise, Naruto paraissait aussi sous le choc.

Il la traîna ainsi sur une dizaine de mètres, ignorant les grondements et autres injures et la jeta aux pieds de Naruto, avant de la bloquer au sol sous sa chaussure. Il approcha son visage au plus près de Naruto et le fixa droit dans les yeux. Il sourit.

Au même instant, la Sakura qui était dans les bras de Naruto s'évanouit dans un nuage de fumée et le sang sur les vêtements du blondinet s'évanouit.

« L'idée de te servir d'un clone pour me faire croire que c'était la vraie Sakura et par conséquent que le pacte était rompu était bon. Cependant, toi et Sasuke avait complètement raté votre acte. Probablement à cause de son épuisement. Et je ne veux même pas savoir combien de pilules il a avalées pour réussir à lancer ce jutsu, incomplet car il n'a pas réussi à donner une bonne consistance au sang... Pas assez liquide, surtout avec cette pluie. De grosses taches poisseuses n'ont jamais suffi à faire illusion avec moi. Je pense pouvoir dire que vous avez complètement échoué et gâché votre unique chance. Sasuke est complètement inutile, Naruto sous mon pouvoir tout comme Sak... -Il s'interrompit - Attendez une seconde... Sakura devrait être morte. Tu n'as pas obéi à mes ordres. Alors pourquoi est-elle toujours en vie ? Je connais les contrats et même si je t'ai ordonné de ne pas la laisser faire ça alors qu'il s'agissait d'un clone, le contrat aurait dû être rompu... Qu'est-ce que... »

Il lança un rapide coup d'oeil à une Sakura tentant de se dégager. Et soudain, il se fixa et comprit.

« Kyubi... La seule, l'unique... »

Au même instant, une voix résonna dans l'esprit de Naruto, lui hurlant de frapper Juubi.

Sans vraiment prendre conscience de son geste, son poing vint s'échouer sur la mâchoire de Juubi et l'envoya valser en contre-bâs.

Sakura se dégagea instantanément et se releva. Naruto lui adressa un vif sourire et lui indiqua Sasuke de la tête. Elle acquiesça et pris Sasuke sur son épaule avant de s'éloigner.

Plus bas, Juubi se releva et leva les yeux en direction de Naruto. Pour la première fois de sa vie, c'était lui qui était en bas de la pente.

Il lança un bref coup d'oeil en direction de Sasuke et Sakura en train de s'éloigner. Sans trop savoir comment, et ça ne l'intéressait guère, elle avait récupéré Temari. Cependant, elle n'avait pas pu récupérer ni Lee ni Shino.

Il les ignora. Au final, ils n'avaient aucune importance. Rien, absolument rien ne devait perturber leurs retrouvailles.

À sa gauche apparut Hishiki.

« Vous voulez que j'aille les rattraper ? demanda t'il d'une voix faussement interrogative. »

Un sourire effrayant se dessina sur les lèvres de Juubi. Ces canines n'étaient pas les seules en forme de crocs. Toutes ses dents étaient aiguisées comme des lames et ses gencives n'avaient jamais été aussi rouges.

Hishiki fit un pas en arrière sans s'en apercevoir.

« Mon très cher Hishiki... Est-ce que tu as des cigarettes ? »

Ce n'était pas une voix mais un grondement provenant du plus profond de sa gorge. Hishiki fit non de la tête. Et sans crier gare, la main de Juubi, un instant auparavant le long de son corps, transperça le dernier membre de l'Akatsuki encore en vie, prenant le chemin le plus court entre sa poitrine et son dos, en passant par le coeur. Ce fut la confirmation que Juubi attendait.

Tous les pactes étaient brisés.

Il ne savait pas depuis combien de temps cette situation durait mais il ne tarderait pas à la savoir.

Il approcha sa tête du futur cadavre encore habité de troublesauts et dont le regard hurlait pourquoi.

Juubi ne prit même pas la peine de répondre et ses crocs se plantèrent dans sa gorge, tranchant la plupart des nerfs, muscles, tendons, artères.

Et lorsqu'il eut achevé de le tuer et de sucer son sang, il laissa tomber le corps sans y prêter la moindre attention.

Il releva les yeux en direction de Naruto.

Le visage du démon était barbouillé d'un sang se diluant dans la pluie, la lueur de ses yeux passée de l'orange maternelle au rouge sang. Son visage était déchiré par un horrible rictus, n'ayant rien de joyeux. Extatique mais pas joyeux. Son regard avait de quelque chose d'enfantin, de presque chaleureux, contrastant avec l'allure général qu'il dégageait.

« Je vois donc ma très chère, que tu as rompu tous les pactes qui avaient cours, que ce soit entre moi et ce très cher Naruto ou avec l'Akatsuki. Mais la vrai question est comment as tu fait ? Et pourquoi as-tu attendu maintenant pour te manifester ? »

La réponse lui vint. Elle ne transita pas par Naruto, ni même par une Kyubi ayant pris possession de son hôte. Elle se manifesta directement dans l'esprit de Juubi.

N'aurais tu pas rencontrer un démon récemment ? Un démon que tu aurais trouvé tellement intéressant que tu aurais décidé de converser avec lui pour finir par le tuer de tes propres mains...

Ce furent les seuls mots qui résonnèrent et Juubi dut achever seul le reste de l'explication.

Je vois... Tu as doté tes démons de la faculté des défaire tout ce que j'ai fait. Voire peut-être de me défaire moi non ? Et si tu n'es pas intervenu avant, c'est parce que tu ne savais rien avant de voir que Sakura avait survécu. Tu n'as plus aucun contact avec l'extérieur et les autres démons. Tu es cloisonné dans le corps de Naruto, incapable d'en sortir autrement qu'en métamorphosant ton hôte. C'est le plus lourd des fardeaux des démons emprisonnés dans les réceptacles, celle de ne jamais pouvoir quitter vos Jinchuuriki.

Ses derniers mots furent prononcés à voix haute :

« Et si nous dansions maintenant ? »

-¤ 4 ¤-

Contrairement à tout ce qui se passe dans les films ou dans les romans, ils ne se fixèrent pas en chien de faïence pendant de longues minutes, à attendre qui ferait le premier geste. Le combat démarra abruptement, sans attendre un quelconque éclair pour signer le départ.

Naruto arma un rasengan et usa d'un scintillement du corps pour réduire la distance.

Il fut accueilli par un délicieux coup de poing dans la mâchoire et s'effondra au sol avant de comprendre de quoi il en retournait. Une seconde plus tard, Juubi le saisit par la cheville avant de le projeter contre un arbre. Le craquement sourd de l'arbre résonna avec fracas, faisant concurrence au tonnerre. Naruto retomba au pied du végétal.

« Alors mon petit Jinchuuriki, c'est tout ce dont tu es capable ? »

Naruto se releva doucement, le regard noir malgré le bleu de ses yeux. On devinait sous vêtement une quelconque fracture déjà en train de se réduire. Il ne répondit pas à Juubi.

Petit à petit, ces yeux se teintèrent de rouge, leurs pupilles se fendirent. Encore une fois, il était faible et encore une fois, elle était forte.

Elle était la puissance, lui n'était que le catalyseur. De sa puissance mais aussi de sa propre colère. Sauf que cette fois, c'était sa colère à elle et non la sienne dont il était question. Une queue de chakra commença à se matérialiser.

La force pulsait en lui avec une telle sagacité qu'elle menaçait de le faire exploser à n'importe quel moment. Puis petit à petit, son propre chakra prit le dessus, commençant à donner forme à cette énergie brute.Cette capacité était elle innée ou le fruit d'une adaptation ? Encore une question sans réponse.

Son champ de vision s'élargit, se précisa et se rétrécit en un instant.

Il venait de foncer sur Juubi. Cette fois, ce n'est pas un rasengan qu'il arma, juste les deux crocs de sa mâchoire. Il esquiva in extremis le poing de son adversaire, basculant la tête au moment où la main venait dans sa direction.

Il le percuta de plein fouet, ignorant le bruit de leur os respectifs se brisant sous l'impact. Ils roulèrent sur le sol et à peine Naruto se mit à califourchon sur Juubi qu'il était déjà en train de se réparer.

Alors que les crocs de Naruto venait de percer la gorge de Juubi que le démon millénaire transperça Naruto, ses ongles précédant son bras.

Le blondinet lâcha prise, emportant au passage de la chair du démon. Naruto tenait à peine debout mais se ressaisit aussi vite qu'il cicatrisait. Comme Juubi.

Ce n'était pas un combat normal. C'était un affrontement entre immortel. Avec toutes les horreurs que cela comportait.

Aucun des deux ne donnait l'impression de faiblir ou d'abdiquer. Ils pouvaient se percuter à pleine vitesse, se transpercer à coup de rasengan, s'arracher les membres, ils ne pourraient arrêter le combat.

Naruto ignora le trou béant dans son torse en train de cicatriser et envoya une décharge de pur chakra. Juubi ne chercha même pas à l'esquiver et la prit de plein fouet. Son corps après le passage du chakra ne ressemblait qu'à un vague squelette recouvert de chair putréfiée.

Cela ne le gêna nullement et à son tour, il attaqua Naruto avec une boule de chakra. Le blondinet l'esquiva tant bien que mal, sentant une partie de ses cheveux s'évanouirent, et il courut en direction de Juubi.

Le démon esquiva l'attaque, l'attrapa par le poignet avant de le mordre au niveau du triceps pour arracher un bout avant de le projeter au loin.

En s'effondrant dans la boue, Naruto comprit que le combat n'était pas à son avantage. Lui n'était qu'un catalyseur et par conséquent, il freinait la puissance de Kyubi. Si cela était utile en affrontant d'autres ninja, contre Juubi, ça ne faisait que le desservir.

« Alors mon démon ?! hurla Juubi. C'est tout ? Pourtant, nous savons tous les deux qu'elle est beaucoup plus capable que toi. »

Le démon millénaire était aux anges, le visage et le corps barbouillé de son sang et de celui de Naruto. Son visage était déformé par l'extase que son combat lui offrait.

Oh que oui, il appréciait être un homme réfléchi et cruel de manière élégante. Mais dans ces moments, il ne pouvait s'empêcher de faire exploser sa deuxième personnalité, celle d'un monstre avide de destruction et que ne se complaisait que dans le carnage.

Il n'y avait rien d'anormal dans ce comportement, quelque part typiquement humain. Il existait juste un déséquilibre entre ce qu'il voulait être et ce qu'il était.

« ALORS MA KYUBI ? QUAND VAIS-JE ENFIN AVOIR LE DROIT DE T'AFFRONTER ? DANS QUEL ETAT DOIT ÊTRE NARUTO AVANT QUE TU NE DAIGNES POINTER TON MUSEAU ? »

Rétrospectivement parlant, ce fut ces paroles qui furent à l'origine de la plus grande catastrophe que connut Konoha depuis Kyubi.

Tsunade, dans un moment de lucidité rare, était en train de faire évacuer Konoha. Rester à proximité avec les forces en présence, soit pas moins de trois démons était de la folie et elle le savait.

La catastrophe passée, ils auraient tout le temps de reconstruire la ville. Evidemment, cette situation n'étant envisageable que si Juubi était vaincu. Si ce n'était pas le cas, et bien, le reste n'aurait guère d'importance.

Naruto comprit ce qu'il avait à faire. Il allait régresser et passer la main à Kyubi. Il ferma les yeux et laissa l'énergie montait en lui. Des queues de chakra apparurent derrière lui et quand la quatrième commença à apparaître, il oublia tout, ne savait plus qui il était et ce qui allait se passer. Seule la voix de Kyubi existait et lui assurait que tout allait bien se passer. Il ne savait pas de quoi il était question mais il se sentit rassuré avant de sombrer dans l'inconscience. Sur son corps, la mutation se poursuivait.

Les queues continuaient à apparaître. Quand la septième fut là, sa taille changea du tout ou tout pour prendre celle d'un démon classique, soit quelque chose de grand. De très grand.

La neuvième apparut et finalement, Kyubi était là.

Les quelques rares ninja qui étaient restés en place dans Konoha pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié (que ce soit des ninja, des documents ou des prisonniers. Dans cet ordre d'importance) comprirent qu'il était temps d'évacuer. Vite. Très vite.

Que le Yondaime est été capable de motiver ces troupes pour aller affronter Kyubi alors que l'air était empli du chakra vicié des démons, que plus aucun lien n'existait parce que leurs cerveau reptiliens prenaient le dessus, qu'un seul homme possédait un tel charisme était inimaginable. Il ne devait pas seulement être leur chef, il était leur dieu.

Vu de loin, et pour l'unique fois de son existence, Juubi paraissait petit.

Pourtant, à cet instant, il ne prêtait aucune attention au renard géant à ses côtés, un comble alors qu'il n'avait cessé de l'appeler.

D'un pas léger, sous une pluie en place de devenir torrentielle, il s'approcha du corps d'Hishiki, s'accroupit et farfouilla dans toutes ses poches avant de dégotter un paquet de cigarette. Il l'ouvrit et se rendit compte qu'il était vide. Il regarda dans les autres poches avant de tomber sur une unique cigarette dans des revers de sa cape. Il la porta à ses lèvres, plongea dans sa main dans l'un des poches de son pantalon puis en dégagea un zippo. Il l'actionna plusieurs fois avant de réussir à l'allumer, et ce, malgré la pluie.

Il tira une bouffée, un très longue et très agréable bouffée, lâcha un soupir de soulagement et leva les yeux au ciel.

La patte de Kyubi s'abattit sur lui et l'écrasa.

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Juubi avait commencé sa métamorphose alors que la patte tombait sur lui et l'acheva alors qu'il était coincé entre Kyubi et le sol. Sa transformation fut beaucoup plus courte que celle de son alter-égo. Lui n'avait pas d'hôte à ménager. Il pouvait y aller vite et bien.

Assez rapidement, la patte de Kyubi se releva, dévoilant un lion d'abord à peine plus gros que la moyenne puis finalement gigantesque.

En vérité, ce n'était pas vraiment un lion, plutôt un croisement improbable entre un lion et un humain. Malgré sa physionomie typique du lion, son visage arborait des expressions étranges, allant du sourire narquois à une colère terrifiante.

Ses yeux étaient toujours de couleur flamme et sa fourrure allait du châtain clair au noir en passant par un nombre incalculable de teintes. Et derrière, il y avait dix queues. Dix queues battant inlassablement et semblant vibrer d'une énergie à faire exploser les dimensions.

Il lâcha un rugissement audible sur plusieurs kilomètres à la ronde et ses queues soulevèrent des bourrasques arrachant les arbres dans leur sillon. Puis il y eut un silence.

Kyubi regardait Juubi.

Juubi regardait Kyubi.

Le combat entre les deux démons devait commencer. Pourtant il y eut un imprévu. Un de ses détails que l'on oublie dans le feu de l'action mais qui, par leur taille gigantesque, vous rappelle qu'ils ont un rôle à jouer.

Gobi venait d'apparaître.

Ami ou ennemi, cela restait à déterminer.

Il vint se mettre à la droite de Kyubi.

« Ainsi tu retournes vers ton créateur, prononça Juubi. »

Il ne parlait pas humain. À vrai dire, il ne parlait même pas. Leur mode de communication était à une strate différente de celle du langage. L'information était indissociable des sentiments, elle ne se transmettait pas, elle s'envoyait littéralement sur son destinataire.

« J'ai un contrat, répondit Gobi. Un contrat antérieur au tien Juubi malgré la reconnaissance que j'éprouve pour toi, pour m'avoir sorti gamin, pour m'avoir permis à le confiner à mon tour »

Et pour pouvoir le protéger à mon tour.

Ces mots n'avaient pas été prononcés mais ils avaient suivi le flux, indissociable de l'information.

« Je ne me suis pas opposé à toi avant, reprit Gobi, parce que rien ne m'y obliger. Mais maintenant je n'ai pas le choix. C'était une promesse que j'ai faite en acceptant de devenir un démon. »

Juubi acquiesça. La position qu'avait pris Gobi et ses motivations ne l'intéressaient guère. Seul compter le fait qu'il soit un ennemi.

Et le combat commença finalement.

Ce fut Juubi qui attaqua le premier. Une boule de chakra partit de sa bouche et vint percuter Gobi de plein fouet. Le loup fut renversé et s'effondra sur le flan avant de se relever immédiatement.

Kyubi partit à l'assaut pour tenter de mordre Juubi. Elle le rata de peu et une déferlante de chakra partit de l'une ses queues pour venir s'abattre sur le flan gauche de Juubi. Ce dernier riposta par un violent coup de patte dans la mâchoire.

Gobi attaque par la droite, fauchant les pattes avant de Juubi mais ce dernier maintint son équilibre grâce une lame de chakra sortie de sa bouche.

Kyubi revint à l'avant et Gobi attaqua par le côté opposé, prenant Juubi en tenaille.

Le démon millénaire se baissa, esquiva les deux attaques et percuta le loup d'un violent coup d'épaule, tout en l'attrapant par le cou et le projeta par terre. De par ses queues partirent une déferlante de chakra que Kyubi esquiva. Cependant l'une d'entre elle vint percuter les visages de la montagne, arrachant instantanément la visage du Nidaime et une partie du Sandaime.

À partir de là, le combat prit des proportions cauchemardesques. Juubi fonça sur Kyubi à pleine vitesse, la percuta et tous deux furent projetés en plein Konoha. Le bâtiment administratif, érigé après la nomination du Sandaime, fut pulvérisé sur le coup. Et à peine quelques secondes après le combat en plein coeur de Konoha, la moitié du village fut ravagée.

Kyubi, probablement poussé par l'inconscient de Naruto parvint à percuter Juubi pour le projeter à la lisière du village.

Le reste du combat , pour des yeux inexpérimenté, étaient incompréhensible. Une succession de lumière partirent du corps de Gobi, il y eut de nombreux hurlements, des coups.

Le pluie tombait avec une rage n'ayant d'égale que l'intensité du combat. Leurs visages étaient déformés par l'effort. Leurs fourrures étaient recouvertes d'eau, de sang et de poussière. Personne n'osait reculer, n'osait faire mine du moindre instant de faiblesse. Des éclairs striaient le ciel à intervalle régulier, donnant au combat un véritable aspect dessiné, calligraphié à l'aide de pinceau.

Il y avait des explosions, de la douleur, beaucoup de souffrance. Une souffrance incompréhensible, qui transpirait dans l'air. L'univers était déchaîné, en fusion. Un volcan apparaissant et rentrant en éruption à côté n'aurait pas dépareillé, serait presque apparu comme une continuation logique. À tout moment, on s'attendait à voir le sol s'ouvrir entre eux, à voir un éclair percer le sol.

La démesure était elle qu'elle réduisait aux guerres entre ninja à de simple parodie, petite pièce de théâtre pour le plaisir des puissants. Elle rendait compte de l'absurdité des guerres pour un territoire ou pour de l'argent. Les démons combattaient pour beaucoup plus que cela. Il combattait pour tuer, pour l'honneur. Par moment, tellement pris dans ce que Juubi appellerait un tango mortel, les raisons même de leur combat finissait par leur échapper.

Ce n'était pas un combat pour ce pays. À vrai dire, ce n'était même pas un combat pour leur dimension. La puissance qu'ils dégageaient menacé d'ouvrir des portes entre les mondes, pour pouvoir les engouffrer, afin qu'ils puissent continuer leur combat jusqu'à ce qu'un d'entre eux manque de chakra, si tant est que cela fut possible.

Pourtant, petit à petit, un déséquilibre commençait à apparaître et Gobi fut le premier à s'en rendre compte. Juubi était puissant, beaucoup plus que ce à quoi il s'attendait.

D'un caractère particulièrement arrogant, au début de sa vie en tant qu'humain, Gobi n'avait jamais cru qu'il puisse y avoir plus puissant que lui. Puis était arrivé la future Kyubi, alors une Yonbi. Elle l'avait remis place et en avait fait un démon en échange de sa coopération pour affronter Juubi. Kyubi était alors la seule personne qu'il reconnaissait comme supérieure à lui.

Puis venait d'arriver Juubi et de nouveau, il se sentit impuissant. Complètement inutile.

Chacune de ses attaques était retourné contre lui, chacune de ses défenses était percé. Et tout ça alors que Juubi affrontait Kyubi en même temps.

Au même instant, Kyubi fut projeté à ses côtés par une lame de chakra.

Gobi jeta un rapide coup d'oeil à son créateur et remarqua des traces plus sombres sur son pelage roux.

Ça doit être à cause de la pluie. Ou alors...

La seconde alternative l'effrayait. Elle n'avait pas le droit d'être en train de perdre.

Kyubi se releva et montra ses crocs dans un grognement puis reparti à l'assaut, Gobi à ses côtés. Face à eux, Juubi n'avait rien, dominait complètement le combat, verrouillant petit à petit les chances de victoire de ses adversaires.

À un moment, il attrapa Kyubi avec ses crocs, comme par hasard, la fit tomber sur le bâtiment accueillant l'ichiraku, échoppe de ramen préféré de Naruto.

Bien évidemment, il y eut encore quelques minutes de combat, plus pour la forme que pour autre chose.

Kyubi tenta bien de le surprendre, ses pattes s'enfonçant dans le sol pour ressortir quelques dizaines de mètres plus loin pour tenter de saisir celle de Juubi et le bloquer au sol alors que Gobi l'attaquerait par au dessus.

Juubi se laissa prendre volontairement, et alors que Kyubi devait rester immobile pour le tenir, il lui envoya une boule de chakra.

Sous le coup de la douleur, elle le lâcha et Juubi en profita pour cueillir Gobi en plein vol, lui infligeant un coup critique.

Les deux démons étaient au sol, humilié par un Juubi au meilleur de sa forme. Pourtant, tout n'était pas encore joué.

Il restait un dernier joker au deux démons. Un pari au chance de succès dérisoire. Kyubi avait créé de nombreuses armes pour contrer Juubi. L'une d'entre elle prenait en compte la nature purement chakresque du démon millénaire.

En mettant leur propre chakra dans la balance, il devait pouvoir annihiler le chakra noir de Juubi pour le dissiper dans l'atmosphère. Cependant, aussi intéressante que cela l'était sur le papier, elle nécessitait un pré-requis vital. À eux deux, ils devraient dépasser la quantité de chakra que possédait Juubi. Ce qui était loin d'être assuré, d'autant plus après le combat.

À cela s'ajouter le risque de mourir s'ils n'étaient pas capable de gérer leur chakra et en relâcher trop d'un coup.

Kyubi lança un bref coup d'oeil à Gobi et il comprit. Le Loup acquiesça.

Esquivant la patte avant droite de Juubi, Kyubi planta ses crocs dans la patte avant droite du Lion. Gobi planta ses crocs dans la patte arrière gauche.

Juubi eut un gigantesque sourire. Il savait ce qu'il tentait. Pourtant, ça ne l'inquiétait pas. Il savait qu'il tiendrait le coup. Il n'avait pas le choix s'il voulait faire choir le Créateur.

« C'est votre seul et unique chance alors ne la gâchez-pas ! »

Il y eut une explosion.

Une explosion complètement silencieuse. Aucun son, rien du tout. Juste un profond silence, bienvenu après toute cette fureur.

Un gigantesque flash blanc envahi l'espace. Et pendant une longue seconde, plus rien.

-¤ 6 ¤-

La pluie n'avait pas cessé de tomber. On entendait inlassablement la colère du ciel se déversant sur la terre. Des éclairs n'en finissaient plus de balayer les nuages, zébrant l'espace d'une succession de flash lumineux.

Le corps de Naruto baignait dans une flaque de boue, le ventre en l'air.

Ses vêtements étaient complètement déchirés et le sceau autour de son nombril était d'un rouge brûlant.

À côté de lui reposait le corps du Jinchuuriki de Gobi. Lui n'avait pas eu de chance. Il était mort. Les sceaux sur son corps passaient du rouge à un noir beaucoup plus neutre. Beaucoup plus glauque. Beaucoup plus mort.

Naruto se retourna et passa à quatre pattes. Il n'avait qu'une vague conscience de ce qui venait de se passer pourtant il fallait qu'il sache. Il leva les yeux au sommet de la colline et aperçut un arbre.

Et à côte de cet arbre, un homme. Un démon. Juubi.

Il se tenait debout. Il avait le souffle court, son kimono tombait en miette pourtant il était bien vivant. Et à cet instant, Naruto comprit que tout était fini, qu'ils avaient échoué. Il était incapable de se relever, de faire le moindre le geste. La seule chose qu'il lui restait à faire était de regarder ce qui allait suivre.

Juubi vacilla pendant quelques pas, avant de prendre pleinement conscience de ce qui venait de se passer. Il avait réussi. Il existait toujours alors que Kyubi et Gobi avaient utilisé presque tout ou alors tout leur chakra. Il inspira profondément et commença à rire. C'était un rire joyeux, un rire nerveux, le rire qui annonce la fin d'une épreuve tout bonnement horrible.

Puis petit à petit son rire s'évanouit.

Juubi leva les yeux au ciel. Son visage affichait une fatigue sans nom pourtant jamais son esprit n'avait été aussi clair. Il hurla, faisant vibrer l'air et le ciel en même temps :

« DIEU ?! DIIIIIIIIIEEEEEEEEEEEUUUUUUUUUUU !! »

Son cri dura longtemps. Très longtemps. Il reprit son souffle, leva les bras en direction du ciel :

« DIIIIIIIEEEEEEEEEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU !! »

Puis il se tut avant de reprendre :

« ET MAINTENANT !! hurla t'il. J'ai gagné ! J'ai écrasé tous ceux qui était sur ma route, j'ai vaincu les seules qui avaient une chance face à moi. Quelles cartes as tu en main, qu'est-ce que tu peux encore trouvé pour me contrer ? J'ai gagné tu as perdu. Il ne te restes plus d'alternative. »

Il se tut à nouveau, le souffle court. Il se sentait bien. Juste bien.

Il pleuvait. Il n'avait cessé de pleuvoir depuis un temps qui lui semblait éternel. Ces vêtements, ou ce qu'il en restait, était trempé, lui collant à la peau, dévoilant un torse glabre. De la vapeur s'échappait de chacun des pores de sa peau. Il brûlait, littéralement. Jamais son regard n'avait été si vif, si puissant.

Il avait gagné sa liberté, il pouvait enfin s'extraire de son contexte. Tout, il pouvait tout faire.

« DIEU, J'AI GAGNÉ ! Alors tu me le dois ! Montre toi ! APPARAIT !! »

Probablement que son combat avec les deux démons et leur dernière attaque avait perturbé son équilibre électrique, sans aucun doute, c'était l'arbre à côté de lui qui était visé, peut-être n'était-ce qu'un hasard, mais la foudre s'abattit sur lui.

Il y eut un claquement sourd qui transperça l'air, bien après que l'éclair ne se soit abattu sur le démon.

Il n'eut aucun dégât, pas même un changement de sa coupe de cheveux mais cela lui suffit.

Il hurla de douleur. C'était une douleur purement au coeur. Ce n'était qu'une coïncidence, probablement, mais Juubi ne put s'empêcher de le prendre comme une réponse.

« C'EST TOUT ? C'EST TOUT CE DONT TU ES CAPABLE ? J'ai renversé des montagnes pour toi, j'ai détruit des royaumes, j'ai tué de mes propres mains plus que quiconque et la seule chose dont tu sois capable... C'EST UN MALHEUREUX ÉCLAIR ?!»

Il marqua une pause. Il se sentait vide. Ça n'était pas sensé se passer comme ça. Il avait gagné. Tout devrait s'ouvrir devant lui, il devrait avoir les réponses qu'il cherchait. Il ne devrait pas avoir l'impression de faire face à un mur infranchissable. Le silence dont faisait preuve le Créateur était le pire des mépris.

« Dois-je comprendre que c'est là ton seul pouvoir ? Que c'est tout ce que tu peux foire ? Ou alors, tu ne me considère pas suffisamment important... MOI ? LE DEMON PARMI LES DEMON ? JE... »

Au même moment, une douleur fulgurante naquit dans le bas de son dos. Il s'interrompit, son visage ne pouvant s'empêcher de marquer sa surprise. Il posa sa main sur son dos avant de les regarder. Un liquide noirâtre et boueux les recouvrait.

Il se retourna et vit le méian', la dague à la main, la pointe s'enfonçant dans son dos, s'acharnant tant bien que mal à conserver son apparence malgré sa proximité avec le démon.

« vEAnGeAncE. ! marmonna t'il»

Le coeur, alors vide de Juubi, s'emplit d'une fureur sans nom. De quel droit ce méian' osait il l'interrompre alors qu'il était en plein conversation avec Dieu. De quel droit osait il le poignarder comme ça ? Qui était il pour oser s'immiscer dans la vie de Juubi alors que ce dernier avait gagné, avait étalé tous ces adversaires ?

Il saisit la main du méian' et le força à retirer la dague. Juubi rugit alors que la lame commençait à sortir et lorsqu'il parvint enfin à l'en extirper, il la jeta par terre avant d'infliger un coup de poing au méian'.

L'impact déploya une énergie considérable et seule la nature éthérique du méian' permit à son hôte d'échapper à la mort.

Le corps de Shikamaru fut projeté à une trentaine de mètres et tomba dans un bruit d'impact sourd.

Juubi avait mal. C'était la première fois que ça lui arrivait. Certes, il avait déjà souffert de blessures diverses et variées mais c'était la première fois qu'il avait mal. Pour la première fois, il sentait vraiment sa vie s'échapper sa meurtrissure. Et quoi de mieux qu'un liquide noirâtre pour caractériser le chakra noir qui le constituait.

Entre ce coup de dague, une dague capable de le blesser, et l'annihilation tenté par Kyubi et Gobi, il se savait affaibli.

Il s'appuya sur l'arbre à côté de lui, l'un des seules végétales encore intact dans les parages et commença à rire.

« Alors c'est tout ce que tu as trouvé ? Un acteur vieux de plusieurs siècles cherchant à accomplir une vengeance ridicule ? Mais rassure toi, Dieu, je suis encore là. »

Il trébucha sur une racine et s'effondra la tête la première dans la boue.

La pluie continuait de tomber, comme pour se moquer de lui. Le tonnerre ne cessait de le railler chaque fois qu'il tonnait. Cela le mit hors de lui.

Il rapprocha ses bras de son torse et commença à se relever, ignorant la boue qui le salissait et l'humiliait, ignorant sa propre douleur et son sang s'échappant de lui pour aller se mêler la boue.

« JE...NE...MOURRAIS. PAS !! »

Il prit appui sur le tronc.

« Je ne peux pas mourir ! Tu sais qui je suis ? Je suis JUUBI ! Je suis le DIABLE en personne ! JE SUIS JUUBI !! N'espère pas une seconde que tu as ma peau. Je m'accrocherais à la vie comme un bébé au téton de sa mère. Je ne te laisserais PAS EN PAIX ! Car si ça peut te ramener, je resterais là ! Quoi qu'il arrive ! »

Il mettait toute sa rage dans ses mots. Et plus sa rage augmentait, plus il générait un chakra noir, plus il se sentait mieux. Il fallait qu'il la laisse exploser.

Au même instant, une nouvelle douleur naquit en lui, sur le côté droit de son torse, juste au niveau de son coeur.

Un gerbe de chakra noir ou sang de démon remonta dans son oesophage. Sauf que au lieu de la cracher ou de la tousser, il la laissa lentement couler entre ses lèvres pour venir maculer ses vêtements et le sol.

Il savait qui venait de frapper, une seule personne l'aurait frappé dans un endroit aussi incongru. Une seule personne savait qu'il avait un coeur. Il ne savait comment elle avait fait mais il ne tarderait pas à le savoir.

Il tourna doucement la tête et sourit :

« Kyubi... »

À cette instant, malgré son visage déformé par une intense satisfaction morbide, il ne put s'empêcher de la trouver magnifique.

Elle revêtait sa forme humaine à l'extérieur de son réceptacle, chose qui aurait dû lui être interdite depuis qu'elle était enfermé.

Elle ne portait qu'une robe orange, dans un tissu incertain. Plus loin, il apercevait Naruto, à quatre pattes, le regard incrédule. Au niveau de son nombril partait un fin fil jaune, se cassant et se reconstruisant sans cesse, dans un renouvellement permanent.

La pluie tombait dru.

« Comment ? demanda la démon millénaire. »

Kyubi n'aurait jamais dû pouvoir s'extirper de Naruto en le laissant en vie. Elle ne pouvait le quitter et lui ne pouvait s'en affranchir. C'était le fardeau de tous les Jinchuuriki.

« Le Yondaime... murmura-t'elle »

Juubi acquiesça, Kyubi reprit :

« Le Yondaime a toujours su qui j'étais et quel était mon objectif. Il a toujours su que je devais te tuer. Il a mis la main sur un mémoire que j'avais laissé traîner et qui avait été récupéré par le Roi du pays du Feu. Il m'a dit que déjouer les systèmes de sécurité était un de ses passe-temps. »

Elle marqua une courte pause.

« C'est lui qui a cherché à me contacter en premier. C'était trois jours avant que je n'attaque Konoha. Il voulait tout savoir sur toi et sur la menace que tu risquais de constituer. Il voulait savoir comment t'affronter. C'est alors que je lui ai proposé une idée... - Elle eut un sourire mutin. - Je connaissais ta prophétie et une ligne m'était limpide : "Quand le Renard aura rejoint sa prison." Tu prédisais que je finirais enfermer dans un humain. Je savais que c'était ma destinée car tu l'avais prédit et je connaissais les conséquences d'un enfermement, dont celle d'être incapable de sortir sous forme humaine. Pour ma part, je voulais jouer avec mes cartes. J'ai demandé au Yondaime de m'emprisonner mais avec un autre jutsu que celui utilisé habituellement.

- Le sceau du Shinigami... murmura Juubi

- Exactement. Ce sceau n'est pas parfait et sa fonction première n'est pas d'enfermer les Bijuu dans des humains. C'est pourquoi des sceaux plus efficaces existaient. Mais moi, je voulais cette imperfection pour mieux te surprendre, avoir un coup d'avance si l'occasion se présentait. Vois-tu, ce sceau n'est pas parfait. Il faiblit avec le temps. Il devait faiblir suffisamment pour me permettre de m'échapper en partie au moment opportun... comme maintenant.

- Plan très ingénieux mais qui ne répond pas à toutes les questions. Pourquoi as tu attaqué alors que le Yondaime t'avais contacté avant ? »

Kyubi enfonça sa dague d'un cran et colla ses lèvres sur l'oreille de Juubi. Parce que, quelque part, elle recherchait le contact physique avec Juubi mais aussi pour ne pas être entendu de Naruto.

« L'utilisation du sceau du Shinigami pour enfermer un Bijuu est une variante de la technique originale. Elle n'est utilisable que si le réceptacle est du sang de celui qui invoque le Shinigami. Le Yondaime n'avait pas de famille mais attendait un enfant. Pourtant, il refusait de lui donner ce fardeau. Disons que je lui ai forcé la main. »

Il y eut un terrible silence puis Juubi éclata d'un rire dément qui se termina d'une quinte de toux.

« Tu es aussi horrible que moi. Peut-être plus... »

Kyubi tourna la lame et la retira. Dans le ciel, le tonnerre hurla.

Juubi tomba sur le dos et fixa les nuages qui ne cessaient de le narguer.

Son kimono s'assombrissait de seconde en seconde. Il posa son regard sur Kyubi.

« Veux tu bien exaucer la dernière volonté d'un mourant et m'embrasser ? Je veux savoir si tu as le même goût qu'avant. »

Kyubi le fixa un long moment, soupira et s'accroupit. Elle approcha ses lèvres de celle de Juubi avant de s'arrêter à quelques centimètres du baiser et de murmurer avec un sourire narquois :

« Non... Tu n'aura rien. Et je te prierais de mourir le plus vite possible. »

Juubi partit d'un puissant éclat de rire. Il riait beaucoup ces derniers temps.

« Jusqu'au bout tu m'auras détesté. Sans que je ne sache pourquoi. »

Au moment où il prononça ses paroles, son bras droit tomba en poussière.

Kyubi fut surpris et Juubi en profita pour la saisir par la nuque de sa main restante pour pouvoir l'embrasser, après quoi il la repoussa et commença à se relever. Il s'appuya sur l'arbre de son bras valide et hurla, alors que sa jambe gauche commençait à s'évanouir :

« Et toi là-haut ! N'espère même pas être débarrassé de moi ! Même si tu penses m'avoir eu maintenant, ne t'en fais pas, je reviendrais ! TU M'ENTENDS ? JE REVIENDRAIS ! JE M'ACCROCHERAIS À TOI COMME UNE SANGSUE, JE NE TE LACHERAIS PAS AVANT DE T'AVOIR FAIT DESCENDRE DE TON TRÔNE ET DE M'ÊTRE ASSIS À TA PLACE. JE TE POURRIRAIS L'EXISTENCE COMME ON NE T'A JAMAIS POURRIS L'EXISTENCE. TU SAIS QUI JE SUIS ? ENFANT DE LA FUREUR ET DE LA TERREUR, JE SUIS JUUBI ! »

Alors qu'il prononçait ses paroles, sa rage continuait d'augmenter et son corps se dissolvait sous la pluie.

Puis vint le moment où il n'y eut plus rien du démon millénaire. Juubi s'en était allé, laissant derrière lui Kyubi et Naruto.

-¤ 7 ¤-

Une bonne dizaine de minutes s'écoulèrent sans que rien ne se passe. Kyubi debout sous une pluie de plomb, Naruto, à quatre patte, n'osant ni pouvant faire le moindre geste.

Puis le temps sembla reprendre ses droits.

Kyubi devint petit à petit translucide, le fil de chakra se raccourcissant et signalant que son temps hors de Naruto était arrivé à son terme. Elle se retourna et regarda le fils du Yondaime.

C'était la première fois qu'elle le voyait avec ces propres yeux et non pas comme une projection mentale.

Ne détourne pas les yeux. Ne détourne pas les yeux de l'enfant dont tu as brisé la vie pour ta vengeance.

Elle n'était pas fière de ce qu'elle avait fait même si cela leur avait donné la victoire. Elle savait que son pêché était ineffaçable et que Naruto en porterait le fardeau pendant toute son existence.

Le blondinet la fixait, son regard toujours aussi expressif avant de lâcher, avec un grand sourire :

« On l'a bien éclaté ce fils de pute. »

Kyubi ne put s'empêcher de lacher un sourire avant d'être forcée à retourner dans son unique demeure, non sans apprécier cette dernière bouffée d'air frais.

Lorsque Kyubi traversa son sceau, Naruto sentit un puissant coup de fouet dans son organisme. Il était devenu complètement accroc au chakra de Kyubi et savait qu'il ne pourrait pas s'en passer.

Ça n'a aucune importance. Cela faisait des années qu'il accueillait Kyubi en son sein et la pouvait bien continuer jusqu'à sa mort.

Péniblement, il réussit à se relever et jeta un bref coup d'oeil autours de lui.

Tout était détruit. Rares étaient les arbres encore intact et il savait qu'il faudrait des années à la forêt qu'elle reprenne un semblant d'apparence. Plus loin, sur sa gauche, se trouvait le jinchuuriki de Gobi.

Il marcha vers lui et confirma ce qu'il avait pressenti avant.

Il s'accroupit et le toucha. Il était froid. Magnifique allégorie à la mort. Naruto le détailla, vit les sceaux bardant son corps, son visage à la fois monstrueux et d'une beauté froide.

Une fatigue et une tristesse sans nom s'abattit sur lui, à laquelle s'ajouta celle de Kyubi qui pleurait la mort de Gobi.

Pourtant, quelque part, il était content. Heureux même. Heureux qu'il n'existe plus de Jinchuuriki, qu'il soit le dernier de son espèce, que personne ne souffre comme lui et les autres avaient souffert. Et tant pis s'il n'existait plus personne capable de partager et de comprendre cette souffrance.

Il se redressa, se promit de venir lui faire une sépulture digne de ce nom lorsque que tout serait fini.

Plus loin, il aperçut la silhouette de Shikamaru, étendu sur le sol. Il s'en approcha avant de s'arrêter à mi-distance. Il reconnaissait le gabarit du Nara mais était surpris par son apparence spectrale. Il reprit sa marche et alors qu'il s'approchait, vit que l'ombre dansait sur son corps ne cessait de danser sur lui, comme pour le réveiller.

Ignorant ce qui pourrait lui arrivait, il s'accroupit et posa sa main sur son poignet. Au moment où il fit ça, l'ombre quitta instantanément son corps pour reprendre sa place originale.

Il ne comprit pas ce qui venait de se passer mais comme pour beaucoup de chose, cela n'avait pas beaucoup d'importance.

Shikamaru était en vie et c'était tout ce qui comptait. Il le souleva et le porta sur son dos, comme il avait vu Gai portait son maître Kakashi des années avant.

À sa droite se tenait un Konoha quasiment anéanti. Par lui et son démon en grande partie. Il soupira. Une partie de lui se serait enfuie pour ne pas avoir à affronter cette vision d'horreur, la destruction de ce qu'il chérissait.

Il entendit un bruit derrière lui. Il se retourna pour voir de qui il s'agissait et reconnut Ino.Sur son dos se tenait Shino.

« Et Lee ? »

Aussitôt qu'il prononça ses paroles, il le regretta.

Elle secoua la tête, baissant les yeux.

« C'est fini ? demanda t'elle

- Oui.

- Tant mieux. Plus personne ne risque de mourir alors. Retournons au village. Il y a encore de l'espoir pour Shino et Shikamaru. »

Il acquiesça avant d'ajouter.

« Tu veux que je le porte aussi ? »

Ce faisant, il hocha la tête en direction de ses chevilles, enflée comme au bord de l'explosion.

« Ça ne serait pas de refus. »

Il bascula Shikamaru, dans un état moins critique, sur son épaule et pris Shino sur son dos puis ils reprirent leur marche sous la pluie.

Sur le chemin, elle s'enquit de l'état de Shikamaru, lui expliqua qu'elle était parti à sa poursuite après que son ombre eut pris le dessus, était tombé par hasard sur le corps de Shino et de Lee et avait été obligé d'abandonner Lee.

Alors qu'elle retournait vers Konoha, privilégiant la vie de Shino à sa recherche de Shikamaru, le combat entre les démons avait éclaté, la forçant à se cacher en attendant que le combat passe.

Finalement, ils arrivèrent devant les portes de Konoha, elles aussi complètement détruites, la seule satisfaction de Naruto étant que ce n'était pas lui le responsable.

Ils les franchirent, et au lieu de se sentir chez eux comme c'était le cas après chacune de leur mission, ce fut pour mieux faire face à ce décor d'apocalypse.

Konoha était complètement ravagé. Les immeubles encore debout se comptait sur les doigts d'une main et parmi eux il y avait, coup de chance, l'hôpital. A contrario, il ne restait plus rien du bâtiment administratif (et qu'il soit capable de le dire alors qu'en théorie, le bâtiment se trouvait à l'autre bout de la ville et qu'il était invisible depuis l'entrée donnait une vague idée de l'était dans lequel était la ville), ni de l'Ichiraku, du kunaï fringuant, du quartier des Hyuuga ou des Uchiwa et encore moins du quartier des prostitués.

Des conduites d'eau étaient cassées un peu partout et affluées au sol, recrachant de nombreux hectolitres par minutes.

Les câbles électriques étaient arrachés et pendaient en émettant de nombreuses gerbes d'étincelles, chaque fois que la pluie les caressait.

Des débris jonchaient le sol, entrecoupés par de nombreuses affaires personnelles. Des photos, des meubles, des verres, des couverts, quelques rares jouets, des cuvettes de toilettes, des ampoules, des lits, des lampes, des couvertures, des posters de filles à moitié nues et incendiées.

La vile avait des allures de champs de bataille, pourtant, le terme était mal choisi. Un champs de bataille répondait à une certaine logique, à une organisation, une succession de tactique.

Le carnage dans Konoha en était complètement dénué. Ce n'était qu'un chaos.

Et c'est moi qui en suit responsable... pensa Naruto

- Non, c'est moi, le contredit Kyubi.

- Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant ?

- Je n'en sais rien. Les choses vont reprendre leur place normale j'imagine. Vous allez faire des missions, faire la guerre, tuer pour gagner de l'argent, vous souvenir de vos morts. Comme d'habitude.

- Dis moi Kyubi...

- Oui ?

- Est-ce que tu me caches quelques choses ? Est-ce qu'il y a des choses que je ne sais pas sur toi ?

Il y eut un long silence.

Oui, reprit elle.

- Est-ce que tu m'en parleras un jour ?

- Oui. Je te le dois. Mais pas tout de suite. Plus tard je pense.

- D'accord. Kyubi ?

- Oui ?

- Qu'est-ce qu'il t'arrivera quand je mourrais ?

- Je mourrais à mon tour. Mais ne t'inquiète pas pour moi. Je dois expier pour mes pêchés et je t'avouerai que je suis fatiguée, que j'ai suffisamment vécu et que ce sera un vrai repos pour moi. Et puis, tu ne mourras pas tout de suite. Je reste là pour te protéger. Pour que tu puisses protéger ta meute.

- Très bien. Kyubi ?

- Quoi encore ?

- Je dois encore continuer à manger de la viande pour que tu m'obéisses ?

Il y'eut un rire dans sa tête.

Oh que oui !

« Nous devrions nous dépêcher, l'interrompit sans le savoir Ino. Shino risque sa vie. »

Alors ils reprirent leur marche pour finalement s'échouer tel deux naufragés devant les portes de l'hôpital. Ils poussèrent la porte d'entrée.

« Qui va là ? tonna une voix »

Naruto et Ino reconnurent immédiatement Sakura.

« Ce n'est que nous, lâcha Naruto. »

Les lumières du couloir s'allumèrent, dévoilant une salle d'attente laissée à l'abandon. Les chaises étaient vides, les magasines, vieux de plusieurs mois, continuaient de traîner langoureusement sur une table basse. Le carrelage blanc, combiné aux halogènes, donnait un aspect fantomatique à cette antichambre moderne.

Au centre du couloir se tenait Sakura. Une Sakura vieillie, fatiguée, à bout de nerf.

« Le troisième mot de passe ? »

Elle faisait référence aux mots de passe qu'ils avaient utilisés quand ils affrontaient Homme. Naruto n'avait jamais utilisé le troisième.

Naruto éclata de rire.

« Tu vas rire mais je l'ai oublié. »

Sakura sourit à son tour. C'était un sourire fatigué, désabusé mais un sourire quand même.

Finalement, elle remarqua Ino, Shikamaru et Shino. Pendant quelques instants, ils lui avait été invisibles, toute son attention étant focalisé sur Naruto. Ses yeux s'écarquillèrent.

« Je vais préparer la salle d'opération. Il reste un peu de matériels. Ino, va enfiler une blouse et va en salle 2 récupérer la perceuse. Naruto, pose Shino sur un brancard. Il ne faut pas perdre une seconde. »

Naruto s'exécuta immédiatement et à peine eut il posé Shino que Sakura s'empara du brancard et le conduisit en salle d'opération.

« Qu'est-ce que je fais de Shikamaru ? hurla-t'il alors que Sakura disparaissait derrière les portes

- Met le dans la chambre avec Sasuke et Temari. »

Puis elle fut définitivement hors de portée.

« Super... marmonna Naruto. Ce n'est pas comme si l'hôpital ne comportait que deux cents chambres... »

Il soupira. Ils ne devaient pas être bien loin. Sakura les auraient gardés à portée en cas de problème.

Il commença à traverser les couloirs, mal à l'aise. Il n'aimait pas voir cet hôpital si vide, si blanc. Chaque fois qu'il l'avait visité, il grouillait de médecin, d'apprenti, d'infirmière, de patient grognant dans les coins.

Dans l'air aurait dû flotter cette odeur de désinfectant, cachant en partie l'odeur de la mort et de la merde. Les murs, trop blanc, accentué son mal-être, lui donnant l'impression d'être le dernier survivant sur une planète morte.

Il finit par trouver la bonne salle, la 18/10. Il y avait deux lits. Dans celui de droite, il aperçut la chevelure noire et rêche de Sasuke. Celui de gauche accueillait Temari.

Il posa Shikamaru avec Temari. Presque instinctivement, le Nara enserra sa bien aimée.

À cet instant, Naruto prit conscience de la fatigue qui habitait son corps.

Sans faire de bruit, il retourna dans le couloir pour se dégotter une chaise. Il en trouva une, la récupéra non sans un sourire lorsqu'il lut l'étiquette - Prier de laisser cette chaise à sa place. - et vint la poser à côte du lit de Sasuke. Une voix s'éleva d'entre les draps.

« Tu pourrais faire moins de bruit, y en a qui dorment et qui n'ont pas un démon pour les booster.

- Ouai, et pendant ce temps-là, y en a qui sauve le monde, répliqua Naruto. »

Il y eut un profond silence. Pas un de ses silences gênés mais un de ceux qui remplaçait les dialogues. La seule chose que Naruto pouvait voir était le dos de l'Uchiwa.

« Comment tu te sens ? demanda Naruto

- Vide. »

Kyubi aurait exactement répondu la même chose. Déboussolé serait aussi un terme approprié, comme une boussole qui a perdu son nord. Tous deux venaient de perdre leur but, leur objectif. Une fois leur vengeance achevé, ils avaient l'impression de tout perdre, de ne plus exister.

« T'inquiète pas pour ça, reprit Naruto. Je vais te remplir

- Tant que ce n'est pas au sens propre, rétorqua Sasuke »

Naruto aurait il mal entendu ou bien Sasuke venait il de faire un trait d'humour.

« J'ai entendu que tu avais ramené Shino, reprit Sasuke. Et Lee ?

- Mort. »

Sa voix n'était qu'un murmure.

« Je vois... J'ai eu un mal fou à convaincre Sakura qu'on ne pouvait pas faire demi-tour pour les récupérer. Si tu as ramené Shino, c'est déjà pas mal. »

Nouvel pause.

« Il va me manquer, reprit Naruto. Tous ceux qui sont morts vont me manquer. - Sasuke ne répondit pas. - C'est moche. J'ai l'impression d'avoir perdu quelque chose de très important ces derniers jours.»

Silence.

« Ton innocence, répondit Sasuke. Les gens meurent. On ne peut pas protéger tout le monde. C'est ce dont tu viens de prendre conscience. Et pourtant, tu va continuer à avancer car tu n'as pas le choix. Car tu dois devenir Hokage pour protéger le plus de monde possible. »

Les secondes s'égrenèrent avec torpeur. Naruto sentait que la respiration de Sasuke ralentissait.

« Hé Sasuke ?

- Hum...

- J'ai couché avec Sakura. »

Nouvel pause.

« D'accord, finit par lâcher Sasuke d'un ton tranquille.

- Et... C'est tout ? tenta Naruto

- Hum... »

Encore une pause.

« C'est vraiment tout ?

- Hum...

- T'es sûr ? Tu as le droit d'être en colère tu sais.

- Ecoute, marmonna Sasuke. On est une équipe. Par conséquent, je ne considère pas que Sakura m'ait trompé, ni que tu ne m'ai trahi. C'était en plus des circonstances particulières. D'ailleurs, au départ, ce mariage était bidon. Sakura et moi ne sommes même pas fiancés.

- Mais tu l'aimes. Et tu préférerais que je ne recommence pas.

- Hum... »

Un temps.

« Tu vas quand même l'épouser ?

- Sais pas.

- Tu devrais. Elle est parfaite.

- Naruto ?

- Quoi ?

- Ferme la et laisse moi dormir veux tu.

- Pas de soucis. »

Il y eut un nouveau silence.

« De toute façon, je suis un meilleur coup que toi sans le moindre doute, conclut Sasuke avant de sombrer. »

Naruto savait qu'il ferait le premier tour de garde. De toute façon, il n'y avait pas âme qui vive à plusieurs lieu de l'hôpital.

Sans faire de bruit, il quitta la chambre et erra dans les couloirs. De retour dans la salle d'attente, il croisa Sakura.

« Shino ? demanda-t'il

- Il devrait s'en sortir, conclut Sakura. Et sans séquelle neurologique. Nous sommes intervenus un peu en retard mais les insectes avaient déjà commencé à évacuer le sang. - Elle marqua une pause - Tu m'excuses, il faut que je m'assois. Mes jambes ne me tiennent plus, je ne sens plus jambe et en plus, je dois ausculter Shikamaru. »

Elle s'assit.

« Alors c'est fini ?

- Oui.

- Tant mieux. »

Naruto s'assit à côté d'elle.

« Tu sais, reprit-elle, j'ai bien cru que jamais je n'arriverais à partir, en laissant Shino et Lee et en te laissant toi.

- Tu as fait le meilleur choix possible, la rassura Naruto.

- Je sais. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me sentir coupable à l'idée de savoir que Lee est allongé quelque part au dehors, alors que je l'ai abandonné. Qu'il est mort tout seul. Je ne peux m'empêcher de me dire que c'est ma faute. »

Sa vue se brouilla pourtant aucune larme ne tomba.

« C'est moche de grandir et prendre conscience qu'on est pas invincible, qu'on ne peut pas sauver tout le monde, reprit-elle. Je sais que c'était la meilleure solution, la seule solution pour augmenter nos chances de survie. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me trouver dégueulasse. Et pourtant, je sais que je vais devoir faire avec, que je vais devoir me reprendre car je n'ai pas le choix. Parce que je dois grandir et progresser. Parce que... »

Pour toutes réponses, Naruto la prit dans ses bras.

« Ne t'inquiète pas. Je ferais tout ce que je peux pour que toi ni personne n'ayez à faire face à cette situation. »

Sakura le serra très fort à son tour puis le relâcha avant de se lever et de s'éloigner en direction de la chambre 18/10. En cours de route, elle se retourna.

« Naruto ? - Le blondinet tourna la tête - Je ne sais pas si on te l'a déjà dit, et même si c'est le cas, je pense qu'on ne te le dit pas assez mais... Merci. Pour tout. »

Il leva la main et l'agita d'un geste absent et sourit.

Dehors, la pluie s'était arrêtée.

Epilogue.

Une équipe d'ANBU arriva rapidement après que Juubi eut disparu. Ils n'eurent aucune difficultés à trouver les survivants. Ces derniers furent rapidement ramener dans le village de fortune installé à quelques dizaines de kilomètres.

Ils donnèrent rapidement un compte rendu et l'Hokage n'eut alors aucune raison de délayer le retour sur Konoha ou tout du moins, sur les alentours de Konoha, la ville étant complètement détruite.

Un accord fut rapidement trouvé entre Oto, Konoha, Iwa et Suna. En plus du sempiternel pacte de non agression (purement idéaliste et pour la forme), les perdants dédommagèrent les gagnants en argent mais aussi en main d'oeuvre ce qui devait permettre une reconstruction rapide du village. L'accord fut d'autant plus facilement trouvé que Konoha et Oto détenait en vie la quasi totalité des forces armées des adversaires, soit également leur source de revenu.

Comme l'avait prédit Ryuusaki, le chef de l'Akatsuki, Konoha fit sécession à l'intérieur du pays du feu. Il finit par devenir un état en soi, à l'intérieur du pays du feu. Le seigneur n'avait aucun moyen de se défendre contre ça et finit par s'y retrouver.

Normalement astreint à financer le village, cela créait un déficit rarement comblé malgré les taxes sur missions. Maintenant débarrasser de cette contrainte financière, il avait davantage les coudées franches et Konoha lui faisait un prix sur les missions qu'ils commandaient.

De son côté, Konoha s'y retrouvait pleinement car il n'était plus astreint au devoir au seigneur et aux taxes, et le pécule engrangé par leur victoire leur permit d'investir et d'avoir des dividendes assez rapidement.

Encore une fois, comme l'avait prédit Ryuusaki, les autres villages ne tardèrent pas à en faire autant et s'ensuit un nouvel âge d'or pour les ninja.

Kiogi Mirua, chef de la rébellion à Suna, ne fut jamais retrouvé. Temari, lié par le sang à deux Kazekage, assura l'intérim le temps qu'un nouveau Kazekage fut élu.

L'équipe Gai avait été complètement détruite par cette guerre, Tenten succombant à un orage végétatif quelques jours après la mort de Lee.

Shikamaru réussit à contraindre son méian' à lui obéir en utilisant un nouveau tatouage mêlé à du sang de Naruto.

Kakashi fut plus déprimé que jamais jusqu'à la naissance de son fils, le petit Gai. Véritable papa poule, il ne quitta pourtant pas le service actif mais se limita à des missions de rang A (acceptant à l'occasion des missions de rang S sans pour autant en parler à sa femme.) Nul doute qu'avec un nom comme ça, la flamme de l'étincelante jeunesse avait trouvé une nouvelle personne pour s'épanouir.

Sakura et Sasuke ne se marièrent pas dans l'immédiat et vivêrent d'abord quelques années en concubinage. Le clan Uchiwa accueillit finalement un nouveau membre.

Naruto devint finalement Hokage à l'âge de vingt-quatre ans, soit au même âge que son père. La légende prétend que certaines nuits, une jeune femme rousse magnifique quitte sa chambre pour se balader en ville avant de revenir.

Fin ?

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il ne sut pas très bien où il était. La seule chose qu'il pouvait dire était qu'il s'agissait d'un lit, moelleux à souhait avec un oreiller en plume et des draps en soie.

Quant à savoir ce qu'il faisait dans ce lit, c'était un autre problème.

La pièce dans laquelle il se trouvait n'avait pas de volets clos et la lumière ne cessait de l'aveugler, à tel point qu'il lui fallut une bonne minute avant de pouvoir ouvrir pleinement les yeux.

Il se leva et ce faisant, remarqua qu'il était nu.

Encore un autre problème à régler.

Qui avait bien pu le déshabiller sans qu'il ne s'en rende compte.

Il détailla la pièce dans laquelle il se trouvait était gigantesque. À vue de nez, il lui donnait une superficie de deux cents mètres carrés, à laquelle s'ajoutait une terrasse. Il n'y avait pas moins de deux fenêtres avec rideau, plus une petite table de travail, un fauteuil bleu ciel. Au dessus de son lit tronait une assez jolie peinture.

Il se traîna dans la pièce principale.

Il y avait deux canapés blancs, un fauteuil blanc, une table basse sur laquelle trônait une récipient rempli de glace avec une bouteille, une télévision (le mot lui vint sans qu'il ne sache où il l'avait entendu) encastrée dans le mur et tout un tas d'objet dont il ne voyait pas très bien l'utilité.

Il se mit sur la terrasse, ignorant complètement sa nudité. Il avait vu sur mer mais pas seulement. Il voyait un port comme il n'en avait jamais vu, accueillant des bateaux gigantesque il ne devait pas fonctionner au vent et n'était même pas fait de bois.

La ville n'était pas très grande mais de gigantesques immeubles la composaient, dont un plus grand que les autres. Trop grand d'ailleurs car elle cassait le peu d'harmonie de la ville.

Il rentra dans la pièce principale et se dirigea dans la salle de bain.

Quasiment tout en marbre, elle ne rompait pas avec l'aspect classieux du reste de la chambre. Il y avait des robinets recouverts d'une fine couche d'or, une baignoire faisant jaccuzi et une cabine douche pouvant accueillir un régiment.

Il se regarda dans la glace. Il n'avait pas changé. Toujours sa petite barbe de trois jours, ses cheveux alternant du brun au châtain clair selon la luminosité. Seule une cicatrice, la première de son existence était apparu sur le côté droit de son torse.

Il soupira. Ce n'était donc pas qu'un rêve. Mais avait il déjà rêvé ?

Il retourna dans le salon et décrocha le téléphone. (Encore un mot avec le préfixe télé ?).

Là, quelqu'un lui répondit immédiatement :

« Réception de l'hôtel de Paris, bonjour Mr. Ubitrai

- Euh... Bonjour »

Il se laissa tomber dans le canapé.

« Que désirez vous ? Un petit déjeuner peut-être ?

- Euh... Oui. Avec un paquet de cigarette.

- Quelle marque Monsieur ? Nous avons la quasi-totalité des marques existantes.

- Peu importe. Je veux juste qu'elles soit fortes.

- Très bien Monsieur. Votre petit-déjeuner arrive dans cinq minutes.»

Il raccrocha.

Comment était il arrivé là ? Il se leva et se dirigea vers l'armoire. Peut-être y trouverait il de nouveaux indices. Il tomba sur une pile de vêtement qu'il n'avait jamais vu de sa vie, allant de sous-vêtements Calvin Klein (Qui porte des vêtements avec le nom d'un autre dessus ?) au costume Armani.

Notant qu'il ferait preuve d'un manque de savoir vivre élémentaire en restant nu, et que de toute façon, il faisait parti de ce monde et devrait s'habituer au vêtement, il enfila tout ce qui lui tombait sous la main et acheva de se préparer avec une cravate, faisant un noeud exceptionnel alors que c'était la première fois qu'il s'y essayait.

On frappa à la porte. Il ouvrit et tomba nez-à-nez avec une serveuse, très jolie soit dit en passant, avec une table roulante dans la main, sur lequel était déposé un assortiment de boisson et de nourriture ainsi qu'un paquet de cigarette "Morley" sans filtre.

« Où est-ce que je pose le plateau Monsieur ?

- Par là, fit il en agitant vaguement la main. »

Elle alla la poser sur la table basse du salon et alors qu'elle s'apprêtait à partir, il l'interpella :

« Excusez-moi mais est-ce que vous voudriez bien répondre à quelques questions pour moi. La nuit a été bien arrosée et j'ai quelques difficultés à me remettre les idées en place.

- Tout ce qu'il vous plaira et dans les limites de mes compétences, Monsieur, en insistant sur le mot compétence. (On lui avait suffisamment proposé des parties de jambes en l'air contre des espèces sonnantes et trébuchantes)

- Comment est-ce que je m'appelle ?

- Julien Ubitrai Monsieur

- Où sommes nous ?

- Dans la suite Churchill, à l'hôtel de Paris, à Monaco Monsieur

- Quel jour sommes nous ?

- Le premier Octobre 2008

- Bien, ce sera tout charmante demoiselle. Vous pouvez disposer. »

Elle s'en alla, non sans lancer un regard inquiet à l'Homme avant de sortir. La première chose sur laquelle il jeta son dévolu fut sur le paquet de cigarette.

Ils y avaient adjoint un zippo. Il s'en passa et alluma la cigarette du bout des doigts. La première chose qu'il devait faire était réfléchir.

Il était dans un autre monde.

Il était bien vivant, possédant une existence bien ancrée. Il possédait un nom, était riche s'il se fiait à sa chambre. À côté de ça, il se sentait capable de faire encore quelques tours de passe-passe mais se sentait bien incapable de prendre l'apparence d'un lion gigantesque ou d'utiliser des jutsu surpuissant. Il avait perdu trop de chakra pour ça et mettrai beaucoup trop de temps à le récupérer.

Maintenant se posait une autre question. Qu'est-ce qu'il faisait ici ?

Peut-être la libération de tout son chakra avait créé une faille entre les mondes et son chakra s'y était déversé pour le reconstituer. Mais il n'y croyait pas beaucoup.

La solution était évidente. Le Créateur avait encore besoin de lui. Et encore une fois, il allait lui tenir tête. Encore une fois, il allait endiabler les journées du Dieu.

Mais tout ça, Dieu le savait déjà, il en était persuadé. Pour jouer, ils avaient besoin d'être deux.

Il inspira profondément. Il ne devait pas refaire les mêmes erreurs. Tomber amoureux de Kyubi n'était pas en soi une erreur mais il pensait qu'il devrait éviter de rejouer à ce jeu. Sa plus grosse erreur avait été, sans le moindre doute son arrogance, le fait de penser qu'il pouvait renverser le divin de son trône tout seul. Tout ce que Dieu avait eu à faire, c'était poser des vengeurs sur son parcours et cela avait suffi à le faire tomber.

Cette fois ci, il ne serait pas tout seul, oh non. C'était le monde entier qu'il allait monter contre Dieu. Toute sa création s'opposerait à lui et alors, il ne pourrait rien faire.

D'un geste maladroit, il se saisit de la télécommande et alluma la télé. Il vit la fin d'un clip, écouta les paroles, regarda en l'air, te vit et te sourit.

Just call me lucifer

cause Im in need of some restraint

So if you meet me

Have some courtesy

Have some sympathy, and some taste

Use all your well-learned politesse

Or Ill lay your soul to waste, um yeah

Pleased to meet you

Hope you guessed my name, um yeah

But whats puzzling you

Is the nature of my game, um mean it, get down.

Woo, who

Oh yeah, get on down

Oh yeah

Oh yeah!

Tell me baby, whats my name

Tell me honey, can ya guess my name

Tell me baby, whats my name

I tell you one time, youre to blame

Fin.


Bon et bien voilà, c'est fini. Plus de deux ans et demi que je suis sur cette fic et voilà que finalement, c'est fini.

Ça fait bizarre.

À vrai dire je ne sais pas trop quoi dire. Je suis vraiment content que vous m'ayez soutenu pendant toute la durée de l'histoire.

Mon rythme s'est franchement ralenti au fil du temps et je m'en excuse. Cependant, entre temps, la taille de mes chapitres s'est agrandi et mon style s'est un peu étoffé.

Bon, au passage, je tiens à preciser, pour ceux que ça intéresse, que j'ai eu ma première année de médecine, ce qui veux dire que je pourrais produire des fics car mon emploi du temps s'est un peu allégé (oh, la belle litote).

Au passage, j'avoue avoir un peu simplifié la sémiologie de l'hématome extra-dural ne m'en voulais pas.

Pour l'histoire du bouche-à-bouche inutile, c'est véridique. Mis à part les deux cas sus-cité, priviligiez le massage cardiaque (sans plier les coudes je vous en supplie. Ne faites pas comme dans les séries médicales).

Bon et bien, continuez de lire mes autres oeuvres.

Review ?