Chapitre 2 : Les chaussettes.

Elle m'observe comme si je suis devenue le plus appétissant désert sur terre. J'avoue que cette idée ne m'est venue que quand je l'ai vue ouvrir, pour la première fois de notre vie commune, une fenêtre d'un calendrier de l'avent. Son regard s'était illuminé, presque de la même manière que pour moi. Ses doigts, doux et précautionneux, avaient sorti le petit chocolat. Elle ne l'avait pas mangé tout de suite, préférant le déposer bien en vue sur le comptoir de la cuisine. Elle avait rangé le calendrier avant de croquer doucement, sensuellement le petit bout de chocolat. L'action m'avait fascinée et je l'avais observée jour après jour ouvrir chaque case et répéter le même rituel. C'était intriguant, c'était ce genre de petites choses qui me faisaient tomber chaque jour un peu plus amoureuse d'elle.

J'avance, fermant la distance entre nous. Son regard est noir de désir, fixé au mien. Elle ne bouge pas. Elle sait que ce soir, c'est mon tour de mener la danse. Si elle savait. Je souris, elle hésite. Dans ma tête, la musique démarre. C'est un tempo doux, lancinant. Je bouge en rythme, ondulant des hanches jusqu'aux épaules. Son corps suit le mien. Ses mains, sages, reposent sur mes hanches. Elles n'en bougeront pas. Chaque fois qu'elle essaye, je les ramène là, si bien qu'elle comprend rapidement le message.

Je me colle contre elle, susurrant des promesses au creux de son oreille. Je la repousse pas à pas, avec juste un doigt sur sa poitrine, vers le lit. Elle s'y allonge mais je me recule. Il n'est pas encore temps pour le plat principal. Je veux que grâce à ce soir, tout recommence. Elle tente de me retenir mais je fais non de la tête. Elle me laisse m'échapper.

Mais avant de recommencer, je vais réveiller ce feu qui dort au fond d'elle, cette bête qui n'attend qu'une mince ouverture pour sortir. Elle se relève sur ses coudes, se demandant visiblement ce que j'ai l'intention de faire. Mes mains caressent mon corps, ma peau encore couverte. Mon regard est vrillé dans ses yeux tandis que ceux-ci suivent mes moindres mouvements. Je souris, un peu, si peu.

Je recule jusqu'à ce que mon dos heurte la porte de notre armoire. Elle est entrouverte et je n'ai pas à y jeter un œil pour attraper ce dont j'ai besoin. L'étoffe glisse dans mes doigts, sur mon corps. J'en joue, les faisant passer d'une main à l'autre. Je la fixe, attendant de voir si elle a compris. Elle ne fait pas un mouvement. Sa bouche est entrouverte, laissant passer à peine assez d'air. Elle semble avoir oublié où elle était.

Je souris. Un pas après l'autre, je couvre la moitié de la distance entre nous. Ses yeux sont hypnotisés par la soie chatoyante que je m'amuse à faire danser autour de moi. Tous les sons sont étouffés par le tapis, je peux donc entendre chaque respiration qu'elle prend. Ce rythme fait battre mon cœur, doucement. Je suis bien décidée à aller jusqu'au bout.

Je brise sa transe en arrêtant mes mouvements. Les étoffes tombent à mes pieds sans bruit. Ses yeux se relèvent, rencontrent les miens. Sans briser ce contact retrouvé, je m'avance jusqu'au lit. Je m'appuie sur elle, attrapant ses lèvres dans un baiser tandis que mes doigts défont un à un les boutons de son chemisier. Elle proteste, tente de faire pareil avec moi mais j'écarte ses mains.

J'écarte les pans de sa chemise, révélant son soutien-gorge noir. Ma tête remonte, échappant à son emprise. Elle reste couchée, les yeux fermés pendant quelques secondes. Doucement, je rampe sur son corps parsemant la peau découverte de quelques baisers. Sa respiration est beaucoup plus hachée maintenant.

Je sais que c'est réel et cela fait tant de bien. J'atteins le bord du lit et ses pieds. Coulant à genoux sur le sol, je suis à son niveau. Je m'empare de son pied droit, remontant légèrement son pantalon pour déposer mes lèvres sur sa peau. Centimètre par centimètre, je fais glisser sa chaussette. Elle ne bouge pas, les yeux fixés au plafond. Le seul son brisant le silence est celui de sa respiration. Elle rythme mes gestes, mes pressions, mon jeu de ce soir.

Je laisse tomber le vêtement à côté du lit. Le pied gauche me prend moins de temps encore. Elle est surprise lorsque je m'écarte et ses yeux suivent le mouvement de mes mains. Le bout de mes doigts effleure mes lèvres et je ferme les yeux, profitant de l'instant. Elles glissent le long de ma gorge, soulignent le cœur qu'elle m'a offert pour mon dernier anniversaire. Descendant entre mes seins, sur mon ventre et le long de mes jambes, elles s'emparent enfin du bord d'une chaussette. En équilibre sur un pied, je la retire à mon tour.

Après avoir enlevé les deux, je rouvre les yeux et découvre son désir de me toucher au fond des siens. Ramassant les deux écharpes de soie, je me dirige vers le lit. Pas question qu'elle perturbe le divertissement que j'ai prévu ce soir.